• Texte nocturne.

     

    Il est presque 23 heures et je devrais me coucher parce que les cours, parce que la fatigue, parce que la nuit, mais j'ai besoin d'écrire. J'ai besoin d'écrire et c'est comme une drogue, c'est une obligation, c'est mon cerveau qui ne me laisse pas le choix, c'est inconscient mais conscient, un automatisme et tant pis pour le reste.
    J'ai besoin d'écrire un texte un peu fourre-tout, un truc pas intéressant que certains liront tout de même, et c'est pour ça que j'écris, parce que je sais que quelqu'un lira.

    Je croyais qu'elle allait mieux. Un peu. Un tout petit peu. Je dois être trop naïve. J'aime croire à des choses encourageantes. Mais non, elle ne va pas mieux, elle va pire, elle dit pourquoi moi et c'est de ma faute, elle angoisse et elle pleure, elle est vulnérable et je ne peux pas la protéger. Elle a fait une crise et elle est toujours au fond du trou, je n'arrive même plus à lui montrer le ciel. Je sais ce qu'on dit, c'est déjà bien si tu es là, si tu la soutiens, si tu l'écoute, mais ça fait plus d'un an alors je refuse d'en rester là, je refuse de la voir se perdre et de rester plantée à côté. Je veux faire plus mais je n'ai aucune idée pour lui redonner un petit peu d'espoir. Parce que c'est ça, la clef, j'en suis sûre, c'est l'espoir, c'est croire qu'on va s'en sortir, qu'on va aller mieux, c'est accepter de vivre avec et d'avoir un futur meilleur. Alors en attendant la solution, je pleure sur le clavier et dans l'écran, parce que je n'ai pas envie de pleurer en vrai, je sais où ça peut mener, mais que je suis triste quand même, triste triste triste même.

    Je suis un peu perdue, vous savez, enfin ça doit être normal parce que j'ai dix-sept ans et une feuille à remplir pour demain avec mes vœux pour l'année prochaine alors que je ne sais pas trop ce que je veux, en fait. Je reste bloquée au bac depuis que j'ai huit ans. Dans dix ans, je passe mon bac. Dans dix ans, j'ai dix-huit ans et je me barre, j'en ai trop marre de cette maison où faut mettre la table et ranger sa chambre. Enlevez le zéro. Dans un an, même pas, j'ai dix-huit ans et je suis paumée, c'est quoi ce bazar, pourquoi il faut déjà tout savoir.

    J'ai besoin de respirer. Un grand coup. De passer une heure au soleil. De dormir dix heures d'affilées et de manger du chocolat. De me plonger dans un livre qui fait sourire et d'éteindre la lumière pour voir le sapin briller. J'ai besoin de voir de jolies choses et de rire rire rire longtemps, parce qu'en ce moment je ne vois que des choses tristes, des attaques, des gens qui pleurent, des gens qui tombent, des gens qui courent et des gens indifférents, de la haine et de la tristesse, partout.

    Merci d'avoir lu. A qui je pouvais parler, sinon toi ? Ma meilleure amie dort sûrement déjà et tout le monde a déjà bien assez de soucis comme ça. Vraiment, merci. ♥


  • Commentaires

    13
    Dimanche 13 Décembre 2015 à 15:22

    Beau texte, vraiment. :) Je m'y connais très peu mais tu écris très bien. PS: Merci pour tes conseils en MP! ♥

      • Dimanche 13 Décembre 2015 à 16:11

        Merci :) !

    12
    Dimanche 13 Décembre 2015 à 15:07

    Le temps passe plus vite qu'on ne le pense. J'ai eu quinze ans le mois dernier, et pourtant, j'ai l'impression que je n'ai pas cette âge-là à certains moments. Depuis le collège, chaque année passe un peu plus vite. Savoir que le premier trimestre de seconde est déjà passé et que dans moins de trois mois je devrais faire un choix (soit S, soit L, soit ES) me surprend. Même si mon choix sera S, je peux à tout moment changer d'avis, surtout que j'ai une meilleure moyenne dans les matières littéraires. Je sais que la première S sera compliqué, tous les profs concernés par cette "filière" me l'ont dit. Ma mère m'a dit que je pouvais changer si j'en avais envie, mais que je dois avoir un projet derrière. Or, j'ai un projet pour S mais pas pour L. Mais j'ai fait comprendre que si je rate le premier trimestre en première S, je m'orienterai en L pour le second. Ce ne sera pas une mince affaire l'année prochaine!

    De plus, j'ai commencé le code récemment, et me dire que dans quelques mois je pourrai conduire une voiture est impossible. Mais malgré l'horloge qui tourne et les années qui passent, mon caractère lui ne change pas et je garde quelques habitudes de mon enfance :)

      • Dimanche 13 Décembre 2015 à 16:10

        J'avais aussi cette impression à 15 et 16 ans, mais ça va mieux maintenant ! C'est vrai que les années passent de plus en plus vite, et concernant ton choix d'orientation, tu peux toujours changer au début de l'année : j'ai une amie qui avait choisi la S et qui avait de bons résultats en seconde, mais la première était trop difficile pour elle au niveau des maths et des sciences, donc elle est arrivée en L et s'y plaît beaucoup ! Comme quoi ça arrive et c'est possible ;). Par contre, dans mon lycée en tout cas, il faut demander avant novembre si l'on veut changer de classe C'est quoi ton projet, si ce n'est pas trop indiscret ?

        Je n'ai même pas commencé le code, moi ^^

    11
    Mercredi 9 Décembre 2015 à 13:12
    J'ai lu ton texte, avec un grand plaisir. Pour ton amie, ça devient récurrent maintenant, je n'ai rien à te dire, ne connaissant pas le sujet et la gravité de la situation, sinon de tenir bon et d'écouter ton coeur. Pour ton propre cas, je comprends ce que tu ressens pour tous les changements qui t'attendent. Je les ai vécu il y a 1 an maintenant, et c'était étrange. C'est toujours un peu étrange, d'ailleurs. Et je m'étais pas facilitée la tâche, niveau changement: en plus du changement de lieu d'étude, du changement de ville... j'ai également voulu rejoindre mon petit-ami et emménager avec lui, à 700 km de chez moi, sans savoir ce qui allait se passer ensuite, et en me sachant peu soutenue par une partie de ma famille. ça a pas été facile. Ca fait bizarre de grandir, de plus avoir papa-maman pour aider dans la paperasse, pour prendre des conseils chaque jours. Les calins de maman me manquent, souvent, et je pense à eux chaque minute. J'ai toujours eu tendance à être inquiète pour ma famille, à chercher à arranger les conflits, à faire en sorte que tout aille pour le mieux. Mais à 700km, je ne contrôle plus rien, je peux rien faire, et je dois l'accepter. Devenir spectatrice de ma propre famille. C'est dur d'avoir son appartement, de devenir responsable, de stresser pour un tas de chose: j'ai fermé l'appartement ? j'ai bien éteins les lampes ? et la plaque de cuisson ? Et le pire, c'est sans doute de se rendre compte qu'on glisse peu à peu dans la catégorie "adulte", qu'on sera plus jamais la princesse de son papa et de sa maman. De voir que la famille se délite, que chacun commence sa vie avec ses petits-copains respectifs. En l'espace d'un an, dans la famille de mon copain, tout le monde est devenu en couple. Et chacun créé sa famille, sa vie future. Et ça, ça fait peur, parce que je me sens pas prête. Mon copain à une voiture, maintenant, comme une famille. On a un week-end en amoureux à aller passer dans un hôtel/chambre d'hôte (cadeau de Noël 2014) de sa mère, et j'ai super hâte, mais en même temps je me dis "Non, c'est pas moi. T'es encore cette gamine qui écrit des textes, qui prend soin de sa famille et se noie dans le travail scolaire. T'es pas une femme, t'es qu'une gamine !". Je suis qu'une gamine, de 19 ans depuis moins d'un mois. Mais je dois déjà mener une vie de grande. Et le pire, c'est que j'ai l'impression que tout le monde pense la même chose, adultes compris. Je pense qu'on se sentira jamais entièrement prêts pour certaines choses: vieillir, fonder une famille, se marier, travailler. Je pense que certaines personnes (et je pense être de ceux-là) ne se sentiront jamais prêt pour quoi que ce soit, ne seront jamais satisfait d'eux-même ou du contexte. Mais parfois, on a pas le choix. Alors on se lance, on serre les dents, et on espère qu'un jour, on se sentira enfin "grand". Je suis vraiment désolée du roman, je me suis quelque peu emportée (mais ce sujet me touche) et j'espère que ça t'aidera, même si à mon avis je ne suis pas très claire.
      • Jeudi 10 Décembre 2015 à 22:30

        Merci pour ton "témoignage", j'ai compris que je ne serais pas la seule et même si ça me paraît encore plus flippant, je me dis que je ne vais pas (en tout cas pour le moment) partir aussi loin que toi ;) !

    10
    Mardi 8 Décembre 2015 à 22:22

    Formidable, j'adore être anonyme et remerciée à la fois. C'est absolument fantastique. M'est avis que toi aussi, tu as besoin d'un peu de ciel, alors voilà :

     Cloud Forest by Jon-Lock on deviantart

      • Jeudi 10 Décembre 2015 à 22:28

        Merci :) .

    9
    Mardi 8 Décembre 2015 à 19:23

    Coucou ! Je ne fais que passer mais je voulais que tu saches que j'ai lu ton petit texte. :) J'ai supposé que l'amie que tu décris est celle dont tu m'as parlée il y a quelque temps. En te lisant, en retirant la jolie poésie de tes mots, j'ai eu l'impression que ça aurait pu être un de mes textes. Je suis complètement d'accord. Tu as dix-sept ans tu es un enfant, un an de plus et tu dois tout faire toi-même sans mode d'emploi. Je haie cette situation...

    J'espère que ton amie ira mieux d'ici-là. <3 Et prends soin de toi, toi aussi !

      • Mardi 8 Décembre 2015 à 20:08

        Oh, tu penses à moi, c'est chou. <3 :')

        Il faudrait la carte "saute une case", comme au jeu de l'oie. :) Mais ce n'est pas un jeu...

        Ben si, je m'inquiète un peu ! Tu m'aides alors je veux te rendre la pareille. ^-^

      • Mardi 8 Décembre 2015 à 19:49

        Salut ! C'est gentil :). J'ai aussi eu l'impression de te lire un peu en écrivant.
        Pourtant, j'ai envie de voir comment c'est "après". Mais la transition me paraît encore trop difficile...

        Je l'espère aussi, je fais tout pour. Merci, ne t'inquiète pas ♥ !

    8
    Mardi 8 Décembre 2015 à 14:26

    J'aime beaucoup ton texte dans lequel un certain nombre de personnes peuvent se reconnaître à un moment de leur vie. Une impression d'étouffement, d'être figée dans un marasme ; une âme qui erre sans trouver de vrai réconfort. La clé force encore dans la serrure, mais elle finira par ouvrir la porte qui mène vers une lumière plus sereine.

      • Mardi 8 Décembre 2015 à 19:24

        Merci beaucoup.
        Oui, c'est ça, une âme qui erre sans trouver de vrai réconfort. Mais ça viendra.

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