• William Stanley Milligan, dit Billy, est accusé de trois ou quatre vols et viols de jeunes femmes aux Etats-Unis. La police l'arrête facilement, cependant il nie les viols. Son comportement inquiète ses avocats qui demandent une expertise psychiatrique. Le verdict tombe : Billy est atteint d'un syndrome de personnalité multiple (SPM), c'est-à-dire que des personnalités toutes différentes prennent tour à tour le contrôle de son corps. On rencontre par exemple Ragen, le Yougoslave fort et violent, Arthur, l'Anglais cultivé, ou encore Christine, la petite fille de trois ans.

     

    Daniel Keyes, Les mille et une vies de Billy Millgan

     

    C'est l'histoire de deux clans qui s'opposent autour de Billy. D'un côté, ceux qui croient au SPM et qui veulent soigner Billy comme tel. De l'autre, ceux qui réfutent l'existence même de cette maladie et pour qui Billy est certes malade mentalement mais surtout coupable et dangereux. Au milieu, on trouve Billy. Enfin, pas Billy, mais tous ceux qui le composent. Différentes personnalités avec un prénom, un âge et un caractère propre, qui nous sont plus ou moins sympathiques.

     

    Ce livre est dur et impressionnant. Pas à cause des viols commis par Billy, comme on pourrait le croire, car ils sont finalement très peu abordés en eux-mêmes, mais à cause de tout le reste. Les Mille et Une Vies de Billy Milligan bouleverse, instruit et fascine. Le SPM est réellement méconnu, et ce roman a pour avantage de décrire précisément le cas de Billy, les traitements et ses réactions. Le côté d'abord très judiciaire puis médical peut gêner, je pense, mais ça n'a pas été le cas pour moi. J'ai été tellement prise dans l'histoire que je n'ai pas remarqué de longueur ou de défaut particulier. On a envie de voir "comment ça va se finir", "comment Billy va s'en sortir, s'il s'en sort" car on s'attache aux personnages. Bien sûr, l'auteur prend le parti de Billy mais il nous reste tout de même des questions à nous poser : Billy est-il vraiment coupable des crimes qu'ils a commis, et comment doit-on le traiter ? A nous de nous positionner. (En plus, pour la philo, on est pile dans la notion de conscience et inconscient avec la responsabilité - pour les terminales, c'est un exemple cadeau !)

     

    > En résumé, c'est un livre qui m'a énormément touchée de par sa dureté, désolée mais je ne trouve pas d'autre mot. Je vous le conseille a-bso-lu-ment parce qu'il est vraiment intéressant et agréable à lire, et qu'il change vraiment de tout ce que j'ai pu lire jusqu'à présent. LISEZ-LE ! (A ce stade là, je ne parle même plus de coup de coeur parce que c'est encore trop faible pour vous dire combien j'ai aimé ce livre.)

     

    > Si vous avez lu Des fleurs pour Algernon, du même auteur, vous aimerez sûrement celui-ci et la suite (Les mille et une guerres de Billy Milligan, interdite à la publication aux Etats-Unis mais éditée en France) que j'ai lue et dont je vous parlerai prochainement !

     


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  • Hello !

    Ce soir, je vous propose une playlist des chansons que j'écoutais quand j'étais en petite, disons en primaire, entre 6/7 et 10 ans. Je regardais très peu la télévision, je n'avais pas d'accès à l'ordinateur de la maison qui servait à mon père pour son travail et notre première radio a été offerte à ma mère quand j'avais environ 7 ans, donc les chansons que j'écoutais dépendaient en grande partie des goûts de mes parents. Je vous laisse écouter sur la playlist, et si vous n'avez pas Deezer, les liens Youtube se trouvent plus bas.

    Bénabar, Monospace : On l'écoutait le plus souvent en voiture, "sur la route des vacances" justement. Je la trouvais plutôt marrante et joyeuse, voilà pourquoi je l'ai choisie.

    Charts, Les Moustiques (début à 00:45) : ça, ça date de mes huit ans je pense. Bien qu'elle datait déjà pas mal, je l'écoutais en boucle dans ma chambre, c'était ma préférée de tout l'album.

    Céline Dion et Jean-Jacques Goldman, J'irai où tu iras : Le CD "D'eux" a dû passer 10 millions de fois. C'est le premier CD dont j'ai su presque toutes les chansons par cœur, avec lequel j'ai commencé à chanter tout le temps ^^. En plus, c'est une chanson qui bouge et Jean-Jacques Goldman change dessus, donc voilà.

    Patrick Bruel, J'te Mentirais (désolée pour la vidéo - z'avez qu'à avoir un compte Deezer d'abord): vestige de la jeunesse de ma maman, et je vous épargne les cris ("Patriiiiiiiiick !!"), j'ai souvent entendu cette chanson chez moi et après l'avoir détestée, finalement, sans trop savoir pourquoi, je l'aime bien.

    Calogero, En Apesanteur : ça, c'est mon père qui l'aimait beaucoup. La mélodie reste en tête et je la trouve originale...

    Amel Bent ft Diam's, A 20 Ans : en plus y'a du rap steuplait. Ma prépréadolescence c'était Amel Bent à fond dans la chambre, quoi, elle a une belle voix, je n'ai rien d'autre à ajouter ;).

    Axelle Red, Chanson de la Sorcière (pas trouvé mais tu dois pouvoir en écouter 30 secondes sur la playlist) : Si tu n'as pas vu la comédie musicale Emilie Jolie, t'as raté ton enfance, et je suis triste pour toi. Les chanteurs sont différents selon les CD ou les DVD (versions de 1995 ou de 2002) mais les chansons sont pour la plupart géniales parce que très musicales et parce qu'elles jouent avec les mots, c'est pas un truc commercial. Ce que j'aime dans cette chanson, c'est surtout la voix d'Axelle Red et son interprétation qui colle bien, à mon avis, avec le personnage.

    Et vous, vous écoutiez quoi quand vous étiez petits ?

    [Petite parenthèse pour vous remercier d'être aussi nombreux à me rendre visite chaque jour ! Je suis incapable d'écrire en ce moment, j'ai commencé plusieurs chroniques mais je n'arrive pas à les terminer. C'est sûrement dû aux (trop) nombreuses heures que je passe à faire des fiches de révision, mais j'ai un bac blanc la semaine prochaine et ensuite je suis en vacances, donc j'aurais plus de temps libre. Si vous avez des idées d'articles, n'hésitez pas à me les proposer :)...]

     


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    Assise sur le lit à côté de moi, les yeux fixés sur l'écran de mon téléphone, elle me lance tout à coup Mais ça va si mal que ça dans ta vie ? Non, bien sûr que non, ça ne va pas si mal, et quand ça va si mal j'écris et hop magie ça va tout de suite un peu mieux. Elle est assise à côté de moi et elle lit mon blog, devant moi, c'est stressant mais c'est pas grave. Elle, c'est A. (tu vois, toi aussi tu as droit à ta lettre), elle est presque aussi grande que moi et on discute blog, youtube, chant, musique, école, bricolage et amis jusque tard dans la nuit ou tôt dans le matin, c'est comme on veut. J'ai tellement de chance d'avoir une famille comme celle-là.
    J'ai rechargé mes batteries, c'était Noël en famille alors j'ai profité, tu vois, ça aussi ça me fait aller mieux. J'ai profité d'être seize dans la même maison et d'apprécier les rares moments de calme, d'être en ville et d'avoir une belle vue, j'ai navigué entre la table des enfants et celle des adultes (privilège immense) pour bien profiter et des petits et des grands. J'aime ces Noëls que l'on fête jusqu'à trois heures du matin, ces Noëls où l'on dort à sept dans la même chambre, ces Noëls pleins de sourires.

     

    lapinouD'après une histoire vraie (Delphine de Vigan)

     

    Et puis tout d'un coup 2015 s'achève. 2015, année terrible mais belle tout de même. Je peux dire qu'en 2015, petit à petit, j'ai appris à aller mieux. Je m'entraîne à apprécier les bons moments, à chercher ce qui est joli même quand ça paraît laid, et ça marche.
    Avec J., on a commencé 2016 en riant au moment où il ne fallait pas, et en regardant la nuit étoilée, enveloppées dans nos manteaux et assises sur les marches d'une ancienne école. C'était tellement agréable.


    Je ne prends pas forcément de bonnes résolutions pour les nouvelles années. En 2016, pourtant, j'ai décidé d'assumer qui je suis et ce que je veux faire. Je vais donc prendre plus de temps pour écrire. C'est une évidence depuis que j'ai sept ans mais j'en ai réellement pris conscience il y a quelque jours : je ne peux pas vivre sans écrire. Ça me paraît vraiment prétentieux de dire ça, mais je ne peux pas faire autre chose de ma vie. Alors je trouve des métiers qui me le permettent un peu, la traduction littéraire, le journalisme, parce qu'il faudra bien remplir et justifier ces vœux après-bac, mais ce n'est pas ce que je veux faire. Je veux écrire et vous donner de nouvelles histoires à lire. Je vais prendre plus de temps pour écrire, ce qui veut dire que le blog sera parfois délaissé. Je pense que je ne posterai pas de nouveaux textes (à part ceux qui racontent ma vie, youpi) parce que j'ai besoin de me concentrer sur une seule idée, mais je vais essayer de poster des chroniques de lectures... quand j'aurai le temps.

    Je termine cet article en vous souhaitant une belle année, même si je ne peux rien y changer, et de la force pour surmonter les obstacles s'ils se présentent à vous. Merci d'avoir été là en 2015, merci d'être toujours là à me lire en 2016 ♥.

     

    cathedral

    Titre : Vers issu du poème A une jeune fille de Victor Hugo

     

     

     


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  • Je vis dans l'incertitude.
    Je n'imagine l'avenir que jusqu'à début juillet. J'ai l'impression de ne voir pas plus loin que le bout de mon nez. J'ai mon bac et après. Qu'est-ce que je vais faire, où, comment. Je n'arrive pas à me projeter, août, septembre 2016 et le reste sont vides, transparents, dans mon esprit c'est un gouffre dans lequel je vais devoir plonger. Et puis il y a vous qui me rassurez parfois, et eux qui sont dans la même situation, et tous ceux qui s'en sont déjà sortis, qui l'ont vécu et qui sont encore entiers.

    Avec L., on renoue peu à peu les liens qui s'étaient déchirés. Que j'avais, l'année dernière, coupés, mutilés, détruits avec application. Un an et demi, c'est facile à arracher. Six mois, c'est difficile à rattraper. Quelques fois je me dis que je n'aurais pas dû. Que j'ai tout gâché. Que rien ne sera plus comme avant, que la complicité est perdue pour de bon, et que c'est entièrement de ma faute. Puis je me souviens des mots jetés, crachés avec mépris, maîtrisés avec une force que je n'aurais soupçonnée, blessants comme si c'était à moi qu'ils étaient adressés. L'enfer de cet orgueil, de cet ego trop précieux et intouchable me revient en mémoire. Alors que je n'avais pas les mots pour faire face, j'ai utilisé le silence et les points comme armes, couteaux qui ont lacéré vivement ce que l'on avait construit. On répare sans parler beaucoup, peut-être plus, peut-être moins, sans doute parce qu'au final on en a quand même besoin.

    Samedi, elle est venue. Je ne sais par quel miracle, par quelle inspiration divine, elle est venue le sourire aux lèvres, elle s'est assise sur une chaise à côté de moi et elle est restée. Elle nous a regardé chanter, puis jouer, incarner personnages et thématiques. Elle a aimé, ri, applaudi. Les larmes aux yeux à la fin elle m'a dit c'est trop beau, vous êtes tous unis, j'ai pas l'habitude, et plus tard vous avez un grand cœur ça me touche. J'ai de la chance, finalement. On vit dans l'amour et on ne s'en aperçoit même plus. C'est elle-même, M., qui m'a montré comment la guérir : avec l'amour, tout simplement, la présence et l'amour. Les peut-être s'assurent, elle finira par aller mieux.

    La course est finie et c'est Noël; je vous souhaite de passer une bonne, joyeuse et heureuse fête. Je finis vite cet article un peu décousu, parce que d'ici quelques heures, je serai dans ma famille, celle qui est belle et pas mal unie, et vous savez quoi, j'ai hâte. Ensuite, lundi ou mardi, je reviendrai ici vous raconter, mi-heureuse mi-pleureuse pour plein de raisons, et vous parler de l'année qui s'achève.
    Amusez-vous, ne buvez pas trop, mangez du chocolat, passez un Noël plein de lumière, de paillettes dans les yeux et de bonheur en vous et autour de vous.
    Merci d'être là ♥.

     


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    Il est presque 23 heures et je devrais me coucher parce que les cours, parce que la fatigue, parce que la nuit, mais j'ai besoin d'écrire. J'ai besoin d'écrire et c'est comme une drogue, c'est une obligation, c'est mon cerveau qui ne me laisse pas le choix, c'est inconscient mais conscient, un automatisme et tant pis pour le reste.
    J'ai besoin d'écrire un texte un peu fourre-tout, un truc pas intéressant que certains liront tout de même, et c'est pour ça que j'écris, parce que je sais que quelqu'un lira.

    Je croyais qu'elle allait mieux. Un peu. Un tout petit peu. Je dois être trop naïve. J'aime croire à des choses encourageantes. Mais non, elle ne va pas mieux, elle va pire, elle dit pourquoi moi et c'est de ma faute, elle angoisse et elle pleure, elle est vulnérable et je ne peux pas la protéger. Elle a fait une crise et elle est toujours au fond du trou, je n'arrive même plus à lui montrer le ciel. Je sais ce qu'on dit, c'est déjà bien si tu es là, si tu la soutiens, si tu l'écoute, mais ça fait plus d'un an alors je refuse d'en rester là, je refuse de la voir se perdre et de rester plantée à côté. Je veux faire plus mais je n'ai aucune idée pour lui redonner un petit peu d'espoir. Parce que c'est ça, la clef, j'en suis sûre, c'est l'espoir, c'est croire qu'on va s'en sortir, qu'on va aller mieux, c'est accepter de vivre avec et d'avoir un futur meilleur. Alors en attendant la solution, je pleure sur le clavier et dans l'écran, parce que je n'ai pas envie de pleurer en vrai, je sais où ça peut mener, mais que je suis triste quand même, triste triste triste même.

    Je suis un peu perdue, vous savez, enfin ça doit être normal parce que j'ai dix-sept ans et une feuille à remplir pour demain avec mes vœux pour l'année prochaine alors que je ne sais pas trop ce que je veux, en fait. Je reste bloquée au bac depuis que j'ai huit ans. Dans dix ans, je passe mon bac. Dans dix ans, j'ai dix-huit ans et je me barre, j'en ai trop marre de cette maison où faut mettre la table et ranger sa chambre. Enlevez le zéro. Dans un an, même pas, j'ai dix-huit ans et je suis paumée, c'est quoi ce bazar, pourquoi il faut déjà tout savoir.

    J'ai besoin de respirer. Un grand coup. De passer une heure au soleil. De dormir dix heures d'affilées et de manger du chocolat. De me plonger dans un livre qui fait sourire et d'éteindre la lumière pour voir le sapin briller. J'ai besoin de voir de jolies choses et de rire rire rire longtemps, parce qu'en ce moment je ne vois que des choses tristes, des attaques, des gens qui pleurent, des gens qui tombent, des gens qui courent et des gens indifférents, de la haine et de la tristesse, partout.

    Merci d'avoir lu. A qui je pouvais parler, sinon toi ? Ma meilleure amie dort sûrement déjà et tout le monde a déjà bien assez de soucis comme ça. Vraiment, merci. ♥


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