• Participation #1

    Cette participation ne pourra être sélectionnée puisqu'il s'agit de celle de Iolka, qui a elle-même choisi le thème du concours !


     

     

    « Zut ! » 

     

    Les contes de fées commencent souvent par « Il était une fois ». Figurez vous que celui-ci commence par « Zut », parce que la première chose que l’on dit quand on tombe de cheval, c’est « Zut », ou « Aie », pas « il était une fois ». Ici en l’occurrence, c’était Zut, parce qu’en tombant, Mr le facteur avait répandu sur le sol tout le courrier à distribuer. 

     

    Ce qui était embêtant, c’est que dans le courrier, il y avait une douzaine de jolies invitations à remettre aux princes charmants du coin. Sauf que maintenant, elles n’étaient plus jolies du tout : elles étaient froissées et peines de poussière. Le facteur ne pouvait décemment pas les délivrer dans cet état, puisqu’elles étaient de la part du roi qui cherchait un prétendant à sa fille, comme tous les rois dans les contes de fées ! 

     

    Le facteur réfléchissait tout en remettant les lettres dans sa sacoche. Comment faire pour rendre aux invitations leur reluisante beauté ? 

     

    «-  Moi, j’ai une idée, dit nonchalamment un nain accroupi dans l’herbe sur le bord de la route.

     -  Une idée ? dit le facteur, surpris. 

    - Bah oui, pour vot’ histoire d’invitation propre, là… 

    - Mais de quoi parlez vous ? (Le facteur se demandait comment le nain savait. Après tout, il n’avait demandé d’aide à personne !)

    - Faites pas l’idiot, j’entends tout ce qui vous passe par la tête ! »

    Devant l’air égaré du facteur, le main expliqua en se levant et en désignant son unique jambe : 

    « - J’ai fait un pacte avec une fée, une fois, et ça a donné ça. Une jambe en moins, un don en plus ! Mais bon, moi ça m’va, les jambes de nain ça sert pas à grand chose. C’est beaucoup plus drôle d’être intelligent et de savoir ce que pensent les gens. »

    Le facteur, habitué à ce genre de choses puisqu’il avait passé sa vie à distribuer des lettres dans ce royaume magique, demanda alors quelle était l’idée du nain. 

    «  - Parce que tu penses que je vais t’la donner comme ça, sans rien ? répliqua le nain. Non non, si je t’aides, tu m’aides ! 

    - Et comment suis-je supposé faire cela ? 

    - Fais moi une petite place sur ton machin avec des pattes - il parlait du cheval -, et on sera quittes. Je descendrai quand j’en aurai envie. » 

     

    Le facteur trouva le compromis acceptable. Il jucha donc le nain sur son destrier, monta à son tour, et continua sa tournée en demandant au nain ce qu’il comptait faire pour les invitations. Celui-ci lui répondit qu’il avait aperçu, dans la maison de la fée qui lui avait donné son don, un objet très pratique qui pourrait régler leur problème. 

    Il s’agissait d’un fer à repasser enchanté qui avait pour faculté de rendre au courrier un aspect présentable (parce qu’entre nous, les maisons de fées, c’est tellement mal rangé qu’y garder du courrier propre est plus difficile que d’apprendre au dragon qui garde l’entrée comment réciter l’alphabet à l’envers). 

     

    S’ensuivront une bonne douzaine de péripéties qui seraient trop longues à expliquer ici. Vous avez juste besoin de savoir qu’à force de remuer ciel et terre pour trouver le fer à repasser, le facteur est devenu presque aussi connu que le plus connu des princes charmants, et que même la princesse s’est mise à rêver de lui. Nos deux comparses ayant finalement retrouvé le fer, ils ont pu distribuer le courrier et revenir au château du roi pour lui annoncer la bonne nouvelle. 

    Le seul ennui, c’est que comme le facteur avait quand même mis deux ans à trouver ce fichu objet  magique, la plupart des princes charmants des pays voisins avaient déjà trouvé une autre princesse à épouser… Du coup, seulement deux princes vinrent concourir pour la main de la princesse. 

     

    Vous conviendrez avec moi que seulement deux prétendants, dans un conte de fées, c’est pas très féérique. Du coup, le roi, histoire de pouvoir composer au moins un podium, décida que le facteur avait le droit de participer aux épreuves pour gagner la main de la demoiselle. 

    Le roi n’était pas un original. Ses copains, qui avaient déjà tous réussi à marier leur fille, lui avaient dit : 

    « Enferme-la dans une tour, mets un dragon devant, arrange toi pour que les chevaliers galèrent un peu avant de la trouver, et le tour est joué ! » 

    Alors le roi avait enfermé sa fille dans une tour, avait mis un dragon devant, s’était arrangé pour que les chevaliers galèrent un peu avant de la trouver, et le tour était joué. 

     

    Le facteur n’avait rien prévu pour les prochaines années, sur le plan sentimental. Il décida donc que tenter sa chance pour délivrer la belle était une bonne option. Accompagné du nain et de son destrier (qui commençait à fatiguer un peu), il partit donc en quête de la tour. 

    On peut penser que survivre à des épreuves de princes charmants, quand on est facteur, c’est plutôt difficile. Mais bon, quand on a avec soi un nain unijambiste qui lit dans les pensées, vous pensez bien que les épreuves, on s’en débarrasse assez vite. 

     

    C’est pour cette raison que le facteur, à sa grande surprise, arriva premier devant la tour. Le dragon, lassé d’attendre des chevaliers à combattre, était parti vers le Sud, à la recherche de la jolie wyverne qui lui était passé devant pendant qu’il gardait la princesse. Ce fut donc presque trop  facile pour notre cher facteur, qui eut juste à gravir une bonne centaine de marche et à défoncer une porte. 

     

    La princesse était là, regardant le clair de lune avec un air rêveur (qu’elle avait mis des nuits entières à travailler, puisqu’elle n’avait rien d’autre à faire). Elle se retourna avec un grand sourire… Puis son visage se décomposa. Non pas parce que celui qui venait la délivrer était un facteur, non, cela ne la dérangeait pas ! Mais ce qui était embêtant, c’est qu’elle avait oublié de prendre un mouchoir de lin blanc à offrir en gage de sa gratitude. Et quand on vient se faire délivrer par un héroïque prétendant, il est absolument exclu de ne rien lui offrir en gage de sa gratitude ! Après cinq secondes de réflexion, elle se saisit donc de sa chaussette la plus propre (avec un peu de chance, son libérateur n’y verrait que du feu), et la lui offrit d’un air ému. 

     

    La suite de l’histoire, je pense que vous l’avez devinée. Pour ceux qui ne sont pas médium, je vais quand même la raconter : 

    Le facteur se maria avec la princesse, devant tout le royaume en liesse

    Le nain récupéra la blanche chaussette, couvrant son pied de manière coquette

    Le destrier trouva une belle jument, avec qui il eut beaucoup d’enfants

     

    C’est ainsi que se termine ce conte peu commun, et il est temps pour le conteur de se retirer. Mais avant de vous laisser, il doit quand même prononcer un dernier mot…

     

    … Fin.


      Alors ? Dites-nous ce que vous en avez pensé !  


  • Commentaires

    3
    Dimanche 26 Juillet 2015 à 19:03

    je sais bien que c'est pas nul, je plaisantais, je l'aime bien aussi ce texte. ;) 

    Et j'avais peur de ne pas finir à temps ou de lasser le lecteur en en rajoutant, du coup j'ai mis une grosse ellipse des familles ;p 

    2
    Lundi 13 Juillet 2015 à 22:38

    Aha mais non voyons, c'est trop bien !! Je l'ai lu sans m'arrêter, j'ai vraiment accroché, j'adore le style de ton conte ! Je regrette juste que tu ne nous en dises pas plus "S’ensuivront une bonne douzaine de péripéties qui seraient trop longues à expliquer ici." mais c'est un choix.

    (Par contre la mise en page a bugué, je ne le vois que maintenant, je corrige ça !)

    1
    Lundi 13 Juillet 2015 à 21:08

    Que quelqu'un dise à l'auteure de ce ramassis de bêtises de ne plus jamais toucher une plume de sa vie ! C'est nul, remboursez ! ^^

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