• Life goes on.

    Je ne sais pas quoi dire.

    Ça fait une semaine, et je ne sais pas quoi dire.

    Je suis restée devant la télévision au mois trois heures, grelottant de froid et d'horreur.

    Je me suis étonnée de réussir à dormir alors qu'à deux heures de chez moi, tellement de gens allaient rester éveillés toute la nuit. Et que d'autres n'ouvriraient plus jamais les yeux. 

    Je me suis réveillée le samedi matin et j'ai regardé le nombre de morts, qui avait bien augmenté. J'ai pleuré.

    Dans ma famille, on ne parle pas beaucoup des choses qui choquent, qui attristent, des horreurs. C'était le silence, mais un silence triste, à table, des "ça va toi ?" discrets et les éditions spéciales qui s'enchaînaient sans commentaire.

    Le lundi, en philo, au début, personne n'avait l'air de vouloir en parler. Qu'est-ce que vous avez fait ce week-end ? Rien. Et puis quelques langues se sont déliées. J'ai vu des anti-bombardements parce que ça revient à tuer des civils. J'ai vu des c'est à cause de la Syrie. J'ai vu des tant-pis-pour-les-civils. J'ai même vu une pro-FN soutenir le Président. Et puis j'ai vu aussi des qui-ne-voulaient-rien-dire parce que c'est pas le jour, qu'est-ce-que-vous-voulez-qu'on-vous-réponde. On nous a passé une vidéo, avc un gars très désagréable qui répétait qu'il avait prévenu.

    La minute de silence, la Marseillaise, les applaudissements.

    Le "retour à la normale", la fin du deuil. J'ai eu peur, en marchant pour aller au lycée, je me suis dit là des gens peuvent sortir d'une voiture et te tirer dessus, et puis j'ai relevé la tête et j'ai continué ma route en chantonnant.

    Mais je ne sais toujours pas quoi dire. Je me suis répété ils ne gagneront pas, on est plus forts qu'eux, j'aime pas la guerre mais que faire, ils ne gagneront pas, ils ne gagneront pas.

    La vie continue.


  • Commentaires

    3
    Dimanche 13 Décembre 2015 à 14:44

    Le jour où c'est arrivé, c'était la veille du jour où je fêtais mon anniversaire. Le 14, j'avais ma famille à mes côtés et le sujet a forcément été évoqué puisqu'entre minuit le 13 et 9h le 14, le nombre de victimes avait augmenté. Le soir, j'en pouvais plus. Ma mère m'a proposé de regarder un film avec elle à la télé, j'ai refusé, préférant regarder des séries sur mon ordinateur. Rien que le mot télé me dégoutait. Pourquoi? Parce que j'en avait marre de voir les chaînes de télévision passer l'info en boucle. Ce n'est pas parce que je m'en fichais, bien au contraire ça m'a fait un choc et je me suis sentie concernée, même loin de Paris. Le lendemain, notre lycée a observé une minute de silence. 900 élèves dans la cour, ça faisait beaucoup. Nous en avons parlé en classe, mais les avis n'ont pas été du même genre que les élèves de ta classe.

    2
    Samedi 21 Novembre 2015 à 12:46

    Personnellement, j'en ai tellement entendu parler à la télé que ça m'énerve. C'est ça, ça m'énerve. Il y en a un qui me sort le nom Paris je lui en mets une parce que ça me saoule. Je comprends que c'est triste et machin et truc, mais personne se rend compte que c'est en en parlant à la télé qu'ils les font gagner ? Tout ce qu'ils veulent, ce qu'on s'intéresse à eux.

      • Samedi 21 Novembre 2015 à 18:57

        Même si les médias sont là pour nous informer, en faire trop n'est pas bon non plus. C'est le meilleur moyen de leur donner des idées et de leur donner plus de pouvoir.  Il ne s'agit pas de minimiser les choses mais de doser le flux d'informations. Je suis d'accord avec toi, à force, c'est agaçant.

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