• Concours 02

    Et soudain... Il s'écroula. Racontez la suite.

    Voilà le thème du second concours sur ce blog ! Encore une fois, les textes et les poèmes sont acceptés.

    Concours terminé !

  • Hello !

    Les votes sont terminés; et Anna381 et moi-même avons déterminé notre gagnant. Je pense que ça vous intéresse de savoir qui a terminé premier ?

    Résultats du deuxième concours

    Tout d'abord, le gagnant par le public.
    Cinq votes ont été envoyés. Le gagnant en a comptabilisé trois. Il s'agit de...

     

     

     

     

    Petit suspens...

     

     

     

     

     

     

     

     

    Moi, ça m'amuse.. Pas vous ?

     

     

     

     

     

     

     

     

    C'est donc...

     

     

     

     

     

    Elloctan ! Félicitations !! Son texte est la participation n°2. Il gagne donc une publicité de son blog, et il a le choix : soit  il choisit le thème du prochain concours, soit il choisit le gagnant. Elloctan, contacte-moi par MP :)

     

    Passons au gagnant qu'Anna381 et moi-même avons désigné.
    Pour rappel, Anna381 était la gagnante par le public du premier concours. Le texte que nous avons choisi a obtenu notre préférence pour plusieurs raisons : nous l'avons trouvé vraiment bien écrit, et surtout, nous avons beaucoup aimé la chute à laquelle nous ne nous attendions pas.

     

     

     

     

     

    Vous vous doutez de qui il s'agit ?

     

     

     

     

     

     

     

    Patience...

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    C'est le texte n°1 écrit par Alex Hole ! Bravo !! Il gagne, lui aussi, une publicité pour son blog et suivant ce que choisit Elloctan, le choix du thème ou du gagnant. Je te contacterai par MP quand Elloctan aura choisi !

    Je voulais féliciter Catiminy (participation n°4, qui a reçu deux votes) et Enviedelire (participation n°3) pour vos textes car, même s'ils n'ont pas été choisis, nous les avons bien aimé quand même !

    Merci aux participants : Catiminy, Enviedelire, Elloctan et Alex Hole ! Merci également à ceux qui ont voté, et à Anna381 pour son agréable collaboration !

    A bientôt♥


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  • *Voici la quatrième et, je pense, dernière participation. Les votes se mettront en place demain, et d'ici la fin du concours, anonymat :)* Participation de Catiminy

    Et soudain il s'écroula...

    J'avais été tirée de mon sommeil par des sons ressemblant à des éternuements ou de la toux. Il en faisait un de ces boucans de si bonne heure! Il manquait vraiment de discrétion. J'avais mis ma tête sous l'oreiller pour échapper à son vacarme matinal. Enfin quoi! Je devais me lever 30 minutes plus tard, était-ce toute la délicatesse dont il pouvait faire preuve? Respecter la fin de mon sommeil, était-ce trop demander?

    Alors-que je tentais de replonger dans les bras de Morphée, soudain il s'écroula. Je n'avais pas compris tout de suite de quoi il s'agissait... M'avait-il mis son sac sur le dos par-dessus le marché? "Oh la vie de couple ne serait pas simple" avais-je pensé.

    Mais c'est alors que je me réveillai pour de bon. Je n'entendais plus rien. Je me redressai rapidement pour m'asseoir et vis avec stupeur... mon chéri, inerte, sur le ventre, en travers du lit.

    J'en sortis prestement et retournai son corps sur le dos et je m'entendis crier: "Qu'est-ce que tu as? Qu'est-ce qu'il se passe? ". Il ne me répondit pas, il ne le pouvait pas. Ses yeux ouverts et hagards me firent comprendre: il s'étouffait!

    J'essayais de ne pas paniquer, la panique est l'ennemi du bien disait-on, ou quelque chose dans le genre... J'avais suivi une journée d'initiation aux premiers secours quelques mois auparavant. Il était temps de voir si j'en avais retenu quelque chose.

    Bon pour les tapes dans le dos, il était trop tard. Il fallait que je pratique un Heimlich. Oh lala! Il fallait que -je- pratique un Heimlich? Toute seule? Pas sur un mannequin mais sur l'homme que j'aimais? Ok!

    Dieu qu'il était lourd! Bon sang, du nerf! Placement du poing sous le diaphragme (oui oui, approximativement ce devait être là..), L'autre main par-dessus... Un...deux...trois... Rien. Plus fort ma belle, tu peux le faire!!! un... deux... trois...
    Alors je l'entendis cracher quelque chose et reprendre goulûment une bouffée d'air. Il s'étala, tremblant, sur le lit, et moi avec! Je me relevai cependant pour lui chercher un verre d'eau.

    - Ca va? Tu respires? c'est bon?
    - Oui.
    - Tu es tout blanc, tu es sûr que ça va?
    - Oui, oui. Faut que je me remette du choc. J'ai avalé un bout de pain de travers. J'ai essayé de le recracher mais il était coincé. Je ne pouvais pas t'appeler, j'étouffais et je me suis écroulé sur le lit. J'ai cru que j'allais y passer!

    Bravo Mademoiselle stupide! Il ne s'agissait pas d'éternuements ni de toux: juste de mon chéri en train de mourir d'asphyxie! Je me mettrais des baffes des fois tiens!

    - Je suis désolée de n'avoir pas réagi plus tôt...
    - Mais je te signale que tu viens juste de me sauver la vie!

    Ca alors, ça aurait épaté le pompier qui nous avait dispensé le stage! Il s'était avéré que je n'étais pas très douée pour ranimer les mannequins! Au moins, j'avais fait mieux sur mon homme!

    - Viens, je vais me reposer un peu avant d'aller au boulot. On a bien mérité de se poser un peu tous les deux hin?

    Tu m'étonnes!!!


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  • *Voici la troisième participation ! Participation de Enviedelire*

     

    Soudain... Il s'écroula. Il devait être un peu plus de onze heures, dans une salle de cours.  Sa chute, provoqua un bruit sourd, dans la classe. Le prof se retourna, et laissa en plan ses équations, pour se précipiter au chevet de l'élève évanoui.

     

    "-Qui sont les délégué? demanda-t-il d'une voix grave, mais légèrement mal assuré." Deux mains se levèrent, dan s le silence implacable. "Voilà la première fois que le silence ce fait aussi rapidement, pensa ironiquement l'enseignant du second degré." Il leur ordonna d'aller quérir l'infirmière. L'élève était toujours inconscient, sa tête avait heurté durement le sol...Il était parcouru de spasmes et était pâle comme un linge...

     

    Quelques minutes plus tard, les délégués revinrent avec un surveillant mais sans l'infirmière, qui n'était malheureusement pas présente ce jour là, car se partageant sur deux établissements. Que devait-on faire? Alerté, le chef d'établissement se rendit également dans la salle de maths.

    L'élève revenait tout juste à lui, après plusieurs longues minutes d'inconscience. Il restait tout de même très faible et ne pouvait en aucun cas se levait. Il voyait flou, le monde tournait autour de lui, et il avait un affreux mal de tête. On décida de le transférer à l'hôpital le plus proche, par simple mesure de précaution.

     

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    J'ouvre les yeux. Je suis dans un grand lit blanc, la pièce autour de moi est verte pistache. Sauf le plafond, mais cela n’a pas beaucoup d’importance. J’ai encore quelques vertiges et le monde tangue un peu . Je devine que je suis dans un centre hospitalier. Je dois être là à cause de mon malaise en maths. Un infirmier entre dans la pièce. Plutôt jeune, blond cendré et un large sourire sur les lèvres, l'air énergique. Quelqu'un de passionné par son métier, en somme.

     

    "Bonjour bonhomme! Déjà, peux-tu me dire comment te sens-tu? me demande joyeusement l'homme.

     

    -Un peu nauséeux, je dois l'avouer, je lui réponds d'une voix plus aigrelette que je ne le souhaiterai.

     

    -Bien. Donc ensuite, de quoi te rappelles-tu? Sais-tu quel jour sommes nous?Et puis quel est ton nom?

    -Ja genau heute ist Montag und am Montag gibt es Schule! J'étais en cours de maths quand je me suis évanoui, et je m'appelle Simon." Je ne sais pas pourquoi j'ai dit ça, c'était particulièrement stupide mais je pense que j'en avais besoin. Besoin de montrer que tout va bien, que je ne suis pas amnésique, besoin de montrer à quel point j’apprends des choses. C'est particulièrement orgueilleux car n'importe quel idiot peut dire cela, mais c'est tout ce qui m'est venu. Et puis c'est toujours comme ça que je réponds aux questions qu'on me pose. Normalement. L'infirmier continue de me sourire, c'est bizarre, chez moi personne ne sourit. Il me laisse, je suis seul désormais. Seul pour ressasser mes idées. Je pense trop, beaucoup trop. "Tête de nœuds, voilà un surnom qui m conviendrait parfaitement, je songe, amer."

     

    Une nouvelle personne entre dans la chambre, c'est ma mère. Sa visite viens troubler mes commisérations et le silence presque palpable de la pièce.

    "Salut. J'ai eu l'appelle du collège, ça va mieux mon grand? me demande-t-elle.

     

    Elle a les traits tirés et les yeux las plus que jamais. La maison est bien triste. Papa et Maman qui se disputent sans arrêt, mon frère peut-être trop jeune  pour comprendre ce qui se passe vraiment et encore entouré d'amour, et moi. Moi qui hait ses disputes et les fuit comme la peste, moi qui pourrait être le petit drapeau blanc qui flotte entre les deux camps, mon frère étant bien sûr à mettre à part. Je ne dois pas être le seul, sur cette planète, pris entre cet étau de colère, colère qui vous enserre, vous et votre cœur, vous le broie pour finir par le faire éclater.

    Chez moi, c'est gris. Rien ne se passe, c'est le silence (encore ce mot) dehors, que parfois les éclats de voix de mes parents viennent briser, mais comme d'hab', le chaos dans ma tête. C'est pour ça que je me concentre de toute mon énergie sur les cours. Pour faire taire toutes ces pensées. Pour occuper mon esprit. Pour cesser de réfléchir comme je le fais, à me poser des questions sur des choses stupides et inutiles.

     

    J'opine de la tête et reste prostré dans mon mutisme.

     

    -Tiens je t'ai ramené deux livres et les cours que tu dois récupérer, que tes profs m'ont donnés. Voilà, j'imagine que c'est tout. Bon, je suis désolée mais je dois aller chercher Tim, à l'école. Tu pourras sortir demain, m'a dit l'interne, c'était juste pour surveiller ton état qu'ils t'ont amené ici. Rien d'autre. Bref, à demain mon chéri, je viendrai te chercher après le travail, je t'aime."

     

    Elle m'embrasse sur la joue et s'en va. C'était court mais elle était pressée. Papa ne passera pas, il est en déplacement à l'étranger et ne rentrera pas avant un moment. Pour Noël. Mais bon ça ne me dérange pas trop, pendant son absence, c'est calme. Très calme. Trop calme? Calme, juste dérangé par les cris de mon petit frère qui joue aux Playmobils, pendant que je lis un roman et que maman prépare un gâteau pour le goûter...Et puis on ne s'entend pas vraiment de toute façon, c'est comme ça.

     

    Il doit bien être 17 heures maintenant. Je me plonge dans mes devoirs. Je fais les exercices de maths, lis l'explication de texte de mon prof de français, le cours d'allemand, d’anglais et d'histoire. J'ai dû mettre un peine 20 minutes pour faire cela. Il ne me reste plus qu'à lire les livres que  m'a donnés ma mère. Divergente III, je sais qu'elle est allée à la librairie rien que pour me l'acheter et cette attention me fait vraiment plaisir et Cyrano de Bergerac. Pourquoi cette pièce ? Je l'ai lu des milliers de fois! En même temps c’est le seul livre qui traîne sur ma table de nuit. Mais bon, cela peut aller, je l'apprécie particulièrement cette œuvre de Rostand. Je mets de côté Divergente, je préfère le garder pour demain et laisser planer le suspense et commence à parcourir les premières lignes de la scène d'exposition de Cyrano de Bergerac, me laissant porter par l'histoire

     

    Il est maintenant 19 heures. Une aide-soignante entre avec un repas. Celle-ci doit avoir la quarantaine, est assez corpulente, brune et aux petits yeux myosotis. Au menu, une soupe de légume, une assiette de pâtes, avec du gruyère râpé, un morceau de fromage et une salade de fruits.

     

    "Cela  ira, jeune homme? me demande-t-elle d'un air doux.

     

    -Oui, merci beaucoup. Quand pourrais-je aller prendre ma douche?

     

    -Tout de suite après. Ta mère a également déposé des affaires de toilette, pendant sa visite. Elles sont justes là et la salle de bain est ici. Après t'être débarbouillé, tu m'appelleras avec cette sonnette et le médecin viendra, pour une visite de contrôle. Voilà, bon appétit! "`

     

    Elle s'en va et referme doucement la porte. J'entame mon repas, le potage n'est pas mauvais, juste un peu chaud. Je me m'aperçois que j'ai excessivement faim, mais ce n'est pas une de ces faims naturels qui se comblent très rapidement, non une de ces faims dévorantes qui ne sont jamais vraiment comblées et qui se réveillent en pleins milieu de la nuit, pour quelque part, vous hanter. Et bien ma vie est légèrement comme cela, je comble tous mes vides, tous mes creux avec n'importe quel mortier. Et à chaque fois, le gouffre se rouvre et me déchire, me paralyse et devient encore plus profond et plus béant à chaque fois. Il me dévore littéralement de l'intérieur. Et je ne peux rien y faire, mais cessons de se lamenter, il y a bien pire dans la vie et on finit par s'habituer.

     

    Je continue lentement mon repas. Je mâche lentement, il paraît qu'on a ensuite une plus grande sensation de satiété. Je ne sais pas si cela marche réellement. Pendant un long moment, on n'entend dans la pièce, que le bruit de mes longues mastications accompagnées de quelques brèves déglutitions. Je me concentre uniquement sur ça, j'arrête de réfléchir. Silence là-haut, s'il vous plaît, juste un peu de répit...

     

    Je termine de manger, me lave rapidement et tout cela comme un robot, me concentrant uniquement sur mes actions, mécaniquement. Parfois, comme le musher qui se fait courser par des loups, dans Croc Blanc, au tout début du livre, je m'émerveille devant cette folle machine humaine, ces mains qui fonctionnent grâce à un ingénieux système de tendon et qui peuvent effectuer toutes les tâches ou presque, qui se plient et se déplient en un instant, il suffit juste de l'ordonner. N'est-ce pas merveilleux? Oui, nous n'admirons probablement pas assez cette machine humaine, qui peut-être réellement se transformer en bombe? Je ne sais pas.

     

     On dit qu'on aime avec le cœur, c'est bien sûr une métaphore, le cœur ne peut pas aimer, c'est un organe, qui n'est pas doué de conscience (logiquement). Pourquoi avoir choisi le cœur? Parce qu'il nous fait vivre? Parce qu'il est fragile? Mais il y a pleins d'autres organes vitaux et précieux. Cela ne tient pas. Le cœur a ses raisons, que la raison ignore. Le cœur serait "une personnification" (sachant que ce terme est ici précisément utilisé de manière abusive, vu que le cœur n'est pas une personne) de notre subconscient, de notre instinct?

    Y-a-t-il un quelconque lien avec les passions amoureuses, et Cupidon qui frappe de son aiguillon deux personnes en plein cœur? Pourquoi Cupidon? Cupidon me renvoie indéniablement à cupide? L'amour est-il cupide? On dit également qu'un coup de foudre ne peut pas être éternel, et qu'il serait fortuit de penser le contraire. Je crois que c'est prouvé scientifiquement. Donc, si on ne peut pas vivre sur un coup de fondre, vaut-il mieux suivre un conseil d'un des personnages des Liaisons Dangereuses, de Choderlos de Laclos, c'est à dire ce marier avec quelqu'un dont on pas forcément amoureux? On devient ainsi de bons amis, amitié qui, toujours d'après ledit personnage, se transformerai par la suite en profond respect. Alors que dans le cas contraire, lorsque la passion s'est éteinte, que reste-t-il? Rien. Et c’est donc pour cela que l’on se déchire. Voilà son raisonnement en gros. Et puis c'est quoi être amoureux, une réaction psychique et mental, une pensée incontrôlable un peu comme les rêves, ou alors juste une réaction physique et hormonale, qui nous donne l'impression d'être mûrement réfléchie? Connaissons-nous vraiment notre cerveau? L'amour est-il essentiel à la vie ? Quel est le vrai sens du mot amour? Pourquoi emploie-t-on le même "je t'aime" quand on dit cela à ses parents avant d'aller se coucher, ce qui démontre plutôt de l'affection que de l'amour (quoique les deux ne vont-ils pas de paire?) et le lendemain "je t'aime" à une fille, et là c'est vraiment... de l'Amour, avec un grand A, ou "je t'aime délicieuse barre de Snickers qui me remplit l'estomac", non indubitablement on ne parle pas de la même chose, si? Peut-on réellement aimer à notre âge ? Oh, et puis c'est quoi aimer? Ressentir de l'Amour, de l'affection, de l'amitié ou encore autre chose? Mais pourquoi je pense à ça maintenant? Je ne sais pas, je ne sais pas, je ne sais pas... Toutes ces pensées me scient la tête. Assez souvent je n'arrive pas à dormir à cause de cela, une pensée me fait dériver vers une autre, et une autre et au final toute trace de sommeil c'est évanouie. Je ne pourrai donc pas faire pause, et ainsi dormir du sommeil du juste, sans être tourmenté?

     

           Je m'aperçois que cela doit faire cinq minutes, que je suis debout devant mon lit. Des gouttes d'eau, accrochées à mes cheveux, tombent à terre. Le magnifique mais non moins effrayant, principe de la gravité. Je me rappelle qu'il me faut appeler le médecin, et appuie sur un bouton rouge.

     

    J'entends des bruits de pas, dans le couloir. En attendant je me suis allongé sur le lit, blanc et fixe le plafond, blanc. On entrebâille la porte, et le médecin entre. Il doit avoir environ cinquante ans, je pense, cheveux poivre et sel, petits yeux gris pâles, avec la paupière légèrement tombantes, front  dégagé, bonne stature, large carrure. Un air sympathique et sur de lui. Il me serre la main, me demande de me lever et de le suivre. Je m'exécute. Il m'emmène à une salle attenante à la mienne, commence par me mesurer et me peser, et me faire quelques autres examen de routine, j'imagine. En moins de dix minutes, c'est bouclé et je réintègre rapidement ma chambre.

     

    19 heures 30. Que fait mon frère? Il doit probablement dîner. Je me replonge dans l'Acte 5 de Cyrano, mon préféré. J'aime cette tirade du héros: "Vous souvient-il du soir où Christian vous parla sous le balcon Et bien toute ma vie est là : Pendant que je restais en bas, dans l'ombre noire, d'autres montaient cueillir le baiser de la gloire ! C'est juste et j'approuve au seuil de mon tombeau : Molière a du génie et Christian était beau !" Un frisson me parcourt quand je la lis. J'attrape mon carnet dans ma poche de pantalon, et commence à le recopier. J'aime inscrire dedans les phrases et beau mots que j'apprécie particulièrement. Ainsi, je collectionne par exemple cette phrase de Voltaire "J''ai décidé d'être heureux parce que c'est bon pour la santé" vu dans un restaurant où j'avais mangé une délicieuse tartiflette bien grasse, dans les Pyrénées. Ou cette sorte de maxime de William Arthur Ward " Le pessimiste se plaint du vent, l'optimiste espère qu'il va changer, le réaliste ajuste ses voiles." dénichée dans un livre offert par ma grand-mère. Mais surtout cette tirade, the best of the best comme dirait Tim,  une réplique de Perdican à Camille, dans On ne badine pas avec l'Amour, Acte II, scène 5, d'Alfred de Musset, que j'avais eu pour dictée par mon prof de français: « Adieu, Camille, retourne à ton couvent, et lorsqu’on te fera de ces récits hideux qui t’ont empoisonnées, réponds ce que je vais te dire : Tous les hommes dont menteurs, inconstants, faux, bavards, hypocrites, orgueilleux et lâches, méprisables et sensuels ; toutes les femmes sont perfides, artificieuses, vaniteuses, curieuses et dépravées ; le monde n’est qu’un égout sans fond où les phoques les plus informes rampent et se tordent sur des montagnes de fange ; mais il y a au monde une chose sainte et sublime, c’est l’union de ces deux êtres si imparfait et si affreux. On est souvent trompé en amour, souvent blessé et souvent malheureux ; mais on aime, et quand on est sur le bord de sa tombe, on se retourne pour regarder en arrière ; et on se dit : « J’ai souffert souvent, je me suis trompé quelquefois, mais j’ai aimé. C’est moi qui ai vécu, et non pas un être factice créé par mon orgueil et mon ennui.» » Rideau. Fin de l'Acte II. Magnifique n'est-ce pas? Bon même si je n'ai pas forcément aimé la pièce, je la trouve unique grâce surtout à ce paragraphe, qui a d'ailleurs était quelque peu inspiré par George Sand, dans l'une de ses lettres à Musset.  Je reprends ma lecture qui, s'achève bien vite à mon goût. Cependant je garde l'autre roman pour demain. Bon, que faire? Il y a bien la télé, mais seulement les informations sont probablement diffusées à cette heure-ci. Bah, va pour le journal de 20, si cela peut m'occuper l’esprit. J'écoute vaguement les gros titres, mais cela ne m'intéresse pas spécialement, alors je laisse seul le poste, qui crachote dans son coin.

     

           Maintenant je me sens de plus en plus, déconnecter du monde qui m'entoure. C'est assez bizarre (bizarre idée, bizarre, bizarre idée!- le Horla de Maupassant, je crois que c’est  la scène où le narrateur est dans la forêt.) et étonnant, cette impression de ne pas vivre dans la même société que mes camardes de classe. J'ai des amis, je les aime bien (tiens, amitié cette fois-ci, mais combien de sens à le verbe aimer?) mais, on va dire que nos préoccupations ne sont pas les même. Parfois, je pense que, je ne suis pas tombé à la bonne époque. J'aurai adoré vivre, ou juste voir un jour, la cour de Louis XIV, bien que l'hygiène laisse à désirer là-bas, et que je suis un grand maniaque de la propreté. Non, nous avons des centres d'intérêts différents, l'histoire et le rap, Mario et Call of Dutty, les romans et les filles... L'amitié dans la différence-ou la différence dans l'amitié, n'est-ce pas ce qui est réellement important dans nos rapports avec les autres? Même si on ne se comprend pas toujours, même si on est en désaccord, même si on n'a pas les mêmes principes, on n'en reste pas moi... ami, je suppose? J'expérimente cela avec une fille de quatrième, avec qui j'ai des points communs, Divergente, l'écriture et autres... cependant elle méprise quelque peu ma série policière préférée et je ne parviens pas à saisir son intérêt pour les mangas... Mais j'aime bien dialoguer avec elle, parce que, je pense qu'on se comprend bien... voir même mieux qu'avec mes amis. Je ne sais pas. Oui, parfois j'ai l'impression, qu'il y a un fossé entre nous. Mais c'est comme ça, et il faut faire avec. Ce n'est pas grave. Je les aime bien et on passe de bons moments ensembles, on rigole et on s'amuse. Cela me change de la maison, où tout est triste le week-end. Dis-je cela pour me convaincre moi-même, où en suis-je réellement persuadé? Peut-être. Je ne sais pas. Prêcher le vrai pour savoir le faux. Cette pensée, fait naître un rictus sur mon visage.

     

    Je me lève, et éteint le téléviseur. Je me colle contre la fenêtre et regarde. Il fait nuit dehors, depuis un moment, j'imagine. Les lampadaires sont allumés. Le matin, quand je vais collège, j'aime (là, je ne vois pas...) voir cette marée de lumières rouges de vélos qui clignotent, sur la piste cyclable.

    Il y a encore quelques voitures dehors, sur le parking. Là-bas, il y a la grande roue, qui a été installée pour Noël et oui les fêtes approches. Cependant, cela ne me réjouit pas particulièrement. Les lumières dans les rues, ont été aussi mises, c'est plutôt joli. Le marché de Noël doit aussi être monté. On y va chaque année, et j'apprécie cette ambiance particulière, cette excitation des plus jeunes, en attendant le père Noël- le premier mensonge des parents et pas le dernier, je pense amèrement-, les parents qui sirotent leur vin chaud, l'odeur de marrons chauds, de crêpes, de gaufres, de chichis... rien que pour ça, j'aime Noël, c'est... magique. Mais là, rien ne se passe de particulier.

    La vitre est froide contre mon front brûlant. Elle me renvoie mon reflet. Un garçon. De 14 ans. 1 mètre 75. Un peu gringalet. La peau blanche. Cheveux de jais. Yeux bleus polaires. Lèvres pincés. Léger duvet sur les joues. Un bras appuyé contre ladite vitre, et l'autre tombant négligemment le long du corps. Chemise bleue claire. Pull bleu marine.

     

    J'ouvre la fenêtre, les yeux enfiévrés. Je ne sais pas ce qui ce passe exactement. "Il ne sert à rien de se mentir tu sais très bien ce qui se passe, souffle une voix dans mon cerveau, persifleuse." Peut-être bien que je déraille. Peut-être bien, tout mon corps en à marre. Marre de ce monde cramé. Notre société est probablement aussi frivole et futile, qu'il y a trois siècles auparavant, au temps de Louis Dieudonné. Vous savez qu'on vit à crédit maintenant? On a brûlé toutes les ressources, que la Terre en un an. Un comble, pour nous, qui avons tout un tas de dettes sur le dos. Mais je pense que celle-là est la plus grave. Un rire sarcastique s'échappe de ma bouche. Le temps est glacial dehors, mais je ne m'en aperçois pas vraiment. Tout va bien. Tout va bien dans ma folie, ne vous inquiétez pas. Le vent fouette mon visage, crédiou, comme cela fait du bien. J'aimerai bien aller au Paradis. La vie doit être meilleure et plus douce là-bas. Pourquoi je pense à ça maintenant, c'est absurde! Absurde. Le maître mot de mon monde. Ce qui est étonnant, c'est que pour monter là-haut, il faut que je saute et donc descende, chute vers le bas. Descendre pour monter. Drôle de pensée. Je m'assois sur le rebord de ma fenêtre. Je ne tremble pas. Toutes les distances, sont réduites à néant, tous les codes sont brisés. Descendre pour monter. La ville et ses lumières dansent autour de moi. Et...

     


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  • *Voici la deuxième participation reçue. Participation de Elloctan"


    Et soudain... il s'écroula.

    D'une balle, le flingue de Papa avait fait mouche.
    Épaté, j'ai fixé Mr. Boudino, mon prof de Math, vautré sur le sol tel une baleine échouée.

    Une baleine morte.

    La classe est demeurée muette de stupéfaction, paralysée par l'horreur. Même Thomas au dernier rang, d'habitude si enclin à faire le débile, ne soufflait mot. C'est vrai qu'il était chiant ce prof, mais bon, quand même... lui flanquer une balle dans la citrouille... C'était qu'un pauv' type comme nous, quoi...

    Et bien non. Pas pour moi, Louis Hullet, 17 ans, lycéen psychopathe.
    Non ; contrairement à ce que pensaient tous mes petits camarades, c'était PAS un pauv' type, c'était juste un foutu prof de Math, il la méritait, sa balle dans la tronche.

    Je revis la porte s'ouvrir lentement sur sa face graisseuse et ricanante... Mr. Boudino était tellement gros qu'on aurait dit la version bipède de la baleine blanche.
    ''Ah ! Monsieur Hullet ! Encore en retard à ce que je vois ! Entrez donc, nous n'attendions plus que vous pour résoudre ces équations, page 130 et...''

    - Clic de gâchette - BOUM ! Explosion de citrouille pourrie ! Bien fait pour toi Einstein. ''L'étincelle de sa vie s'est éteinte dans sa chiasse''.
    Amen.

    Maintenant, il gisait là, au pied du bureau.
    Une baleine échouée ; une baleine morte.

    Alors, mes camarades se sont mis à paniquer tous en même temps. Ils trifouillaient leurs affaires en lorgnant les fenêtres, comme des rongeurs qui s'apprêtent à fuir de leur cage. Pas bon ça. J'ai chargé, puis j'ai tiré trois coups vers le haut. De toute manière, le premier coup sur Mr. Boudino avait déjà dû être entendu par tout le lycée.

    Ça les a calmés. Les filles du premier rang m'ont dévisagées avec une pointe de dégoût dans les yeux, tandis que les garçons les plus musclés ont piaffé dans leur coin, très irrités.

    «  - T'es un gros taré, Louis ; a fait Bob.
    - La police va venir t'embarquer ! » a gueulé Thomas du fond de la salle.

    Et Hugo de rajouter :

    « - Tu vas finir chez les dingos, mon gars. Mais viens un peu par là, qu'on te foute une belle raclée ! Lâche un peu ce pistolet, c'est ridicule... Allez, viens nous voir... »

    Un.
    Deux.
    Trois.

    Je les ai tous butés. Tous les trois. Je me suis entraîné dans le garage de Mamie, à la campagne.
    Elle est sourde, Mamie, et puis il y a pleins de gros rats.

    Un lourd silence pesait. J'avais tué les trois brutes de la classe. Personne ne les pleurait. Je crois même que tout le monde, au fond, était reconnaissant de mon geste.

    Je suis allé m'asseoir au bureau de Mr. Boudino, et je leur ai souri. La plupart détournaient la tête. J'ai fait un clin d’œil à Sandra, la miss Pom-pom girl du bahut. Elle a royalement dressé son majeur dans ma direction avant de replonger dans sa sphère personnelle.
    Un si joli majeur.

    « - Qu'est-ce que tu vas faire de nous ? m'a demandé Henri, 18 et demi de moyenne.
    - Je sais pas. T'as une idée, toi ? »

    Henri a rougi, c'est sa voisine Marie-Christine (tout aussi intello, celle-là) qui a rétorqué :

    « - Tu n'as pas le droit de faire ça, Louis, tu le sais ?
    - Sans blague?
    - Oui. Parce que même à 17 ans, la loi ne te protège pas contre les sanctions les plus dures. »

    J'ai tiré.
    Une.
    Deux.

    Plus d'intellos. Henri et Marie-Christine se sont écroulés l'un contre l'autre, un flot de sang s'échappant de leur cou. Leur cahier recouverts d'équations ont glissé le long de la table, comme de peur d'être séparés de leurs talentueux propriétaires, et ont commencé à s'imbiber de sang.

    Gloup. Gloup. Gloup.

    Les autres étaient abasourdis. Ils craignaient tous pour leur vie !
    J'ai compris, au bout de cinq minutes, que plus personne n'oserait parler. Même moi, j'étais troublé, je ne savais guère quoi dire ! Le plus gros du boulot était fait. Plus de brutes, plus d'intellos.

    Je me suis donc levé pour marcher entre les tables, au milieu de leur sueur. Quelle odeur agréable ! Pourtant, alors que je parvenais au bout de mes cent pas, une autre odeur est venue perturber mes narines. J'ai souri, et je suis allé m'accroupir face à Éric.

    « - Et bien Éric, qu'est-ce que je sens là ? »

    Le pauvre, confus, a haussé désespérément les épaules.

    « - Tu n'es donc pas assez grand pour demander d'aller aux toilettes ? »

    Toute la classe s'est braqué sur lui. S'ensuivit la crise de sanglots. Les larmes d'Éric s'écoulaient le long de ses taches de rousseur, pour perler délicatement à son menton, et finir par atterrir dans sa pisse, au pied de la chaise.

    Plic, ploc... Plic, ploc...

    « - T'es répugnant ; j'ai lâché.
    - Laisse-le tranquille ! » a crié Sandra.

    Surpris, je me suis détourné de Éric et de son urine pour aller à la rencontre de la fille la plus mignonne de Bézieu-Sur-Mer - de l'avis masculin général.
    Sandra.

    « - Alors, ai-je soufflé, la Miss veut passer pour une héroïne maintenant ? Ça lui suffit pas d'allumer tout le monde en trimbalant ses belles miches partout ? Hein ? TU VAS RÉPONDRE SALE CHIENNASSE ?

    - Arrête, Louis » a supplié une petite voix, à côté.

    J'ai pivoté maladroitement. Le pistolet me démangeait.
    Audrey Ménard, non moins jolie, me fixait bêtement derrière sa folle toison de boucles en papier cul.

    « - Oui Louis, ça suffit maintenant. Tu dis que Éric est répugnant, mais tu te rends compte de ce que TOI tu fais ? Tu ne crois pas qu'il y a eu suffisamment de mal pour aujourd'hui ?

    - De mal ? Oh... Mais voyons Audrey, regarde, je suis juste en train de discuter CALMEMENT avec cette... cette gentille et adorable Sandra. Il n'y a aucun mal, tu vois ? Hein Sandra, qu'on discute calmement ? Comme des amoureux !

    Sandra m'a adressé un regard brûlant de haine. Ses mèches brunes cachaient en partie son visage. Je me suis approché, et j'ai délicatement relevé tous ces jolis cheveux sur le côté.

    « - Oui ma belle, c'est à toi que je cause. Hein, qu'on discute calmement, hein ? »

    Comme ses lèvres demeuraient closes, je lui ai fermement saisi les joues d'une main, de l'autre j'ai pointé le canon du flingue vers sa tempe droite, toute lisse.

    « - HEIN QU'ON DISCUTE CALMEMENT, MISS SANDRA ? HEIN ? DIS-LE, SALOPE !!! »

    Alors seulement, elle a murmuré quelque chose, un soupir de mots.

    « - QUOI ? Plus fort, Sandra, il faut que toute la classe en profite ! 

    - On... on discute calmement. » a-t-elle finalement dit.

    J'ai relâché la pression sur ses joues. Le flingue, je l'ai pas bougé, lui.

    « - Ben voilà... tout simplement. Je suis heureux de te l'entendre dire ! On discute, oui. On discute calmement. Juste toi et moi. Bon... Maintenant qu'on a bien discuté, il faut que l'on termine cette discussion comme des amoureux que nous sommes, tu comprends Sandra ? Tu sais ce qu'il te reste à faire... Non ? Rassure-moi, tu sais comment conclure une conversation entre amoureux, vu le nombre de types que tu t'es tapée ? HEIN ? Oh, ne t'inquiète pas, je ne suis pas difficile... Alors ? Tu ne sais pas ? Allez je te souffle : il faut que tu m'embrasses, Sandra, d'accord ? Vas-y... je t'aide si tu veux. »

    Comme elle essayait de se débattre, j'ai maintenu ses mâchoires, mon front collé au sien, et j'ai appuyé de toutes mes forces le canon du flingue contre son crâne.

    « - Allez ! Un petit bisous, quoi de plus facile ? On a presque le jackpot aujourd'hui, Sandra !!! Le sang, l'urine... manque plus que la bave, hein ? Embrasse-moi. DÊPECHE-TOI !!!

    - Arrête Louis, elle t'a rien fait ! »

    Celui qui venait de crier du fond de la salle, c'était Jason, l'ex petit ami de Sandra. Parfait. Je m'apprêtais à venir lui rendre visite, quand une idée m'est apparue.

    « - Tu sais quoi Jason ? J'arrête pas de courir partout dans cette classe... C'est toi qui va te déplacer jusqu'ici. Allez, GROUILLE ! Voilà, c'est ça, à côté de Sandra, nickel. Ils sont pas beaux tous les deux ? Sandra, tu peux nous rappeler pourquoi t'es sortie avec ce naze ?

    - Parce que... Parce que j'étais amoureuse, Louis.

    - Des conneries, ça. C'est jamais aussi simple. Alors, POURQUOI ? La France VEUT savoir, Sandra.

    - Je... Je ne sais pas, Louis. Jason me plaisait beaucoup, il était beau, classe, et puis il faisait du saxophone, du jazz. J'adore le jazz.

    - Tu m'en diras tant. C'est vrai qu'il est beau ; un vrai beau gosse ce Jason ! Jason, pourquoi vous avez rompu déjà ? Raconte.

    - Louis...

    - RACONTE !

    - Et bien... On est allé à une fête, un soir, tous les deux. Chez Thomas.

    - Ce Thomas-là ? ai-je demandé, en indiquant le cadavre du guignol un peu plus loin.

    - Ce Thomas-là, Louis. Bref, on a beaucoup bu, enfin.. surtout moi, et....

    - Et il s'est tapé cette connasse d'Isabelle !!! » s'est écrié Sandra, en larmes.

    Les autres ont paru choqués, mais n'ont rien dit. La plupart devaient probablement déjà savoir, car les ragots sur les histoires de couple allaient bon train par ici. J'ai crié :

    « - OH ! Mais c'est horrible ça Jason ! Tu te rends compte ?! SALE MONSTRE ! Tu vois dans quel état tu as mis la pauvre Sandra ? Qui va bien pouvoir m'embrasser maintenant, hein? »

    Le beau Jason était tout pâle, un fantôme. Soudain, à ma droite, Audrey s'est levée, et s'est dirigée vers moi d'une démarche quasi robotique.

    « - Moi, Louis. Je veux bien t'embrasser si tu veux. » 

    Alors là, j'étais sur le cul. La stupide - mais ravissante - Audrey qui se lève pour m'embrasser ? Non, ça tient pas la route. Même si elle s'était prise d'une passion pour les sociopathes, j'avais un gros doute sur ses intentions réelles.
    J'ai pointé le flingue vers elle.

    « - C'est une blague, Audrey ? Tu as dit tout à l'heure que j'étais répugnant. »

    Elle a fait une moue étrange, puis m'a fixée, très décidée.

    « - J'ai juste dis que tu avais fait du mal. Je veux bien t'embrasser, si tu promets de ne plus toucher ni à Sandra, ni à Jason, ni à personne. Si tu promets de laisser tout le monde tranquille, maintenant. »
    J'ai abaissé le flingue, un peu déçu.

    « - Si c'est pour ça... je promets.
    - Promis, promis ?
    - Promis promis. »

    Audrey a fondu sur moi, et j'ai rien compris. C'était pas mal, ces lèvres pulpeuses et sucrées, cette langue chaude qui m'envahissait. On m'avait souvent dit qu'il fallait fermer les yeux pour apprécier... et c'est ce que j'ai fait instinctivement, d'ailleurs. Mais à peine mes paupières closes, j'ai senti la main de Audrey qui glissait lentement vers la mienne.
    Vers le flingue.

    « - Aaaah ! SALE MERDE !!! TU NE ME FAISAIS PAS CONFIANCE, C'EST ÇA ?! TU VOULAIS ME VOLER MON ARME ? »

    Je l'ai poussé violemment vers Sandra et Jason. Une brochette de beaux gosses, ça faisait. J'ai tiré.

    Un.
    Deux.
    Trois.

    Plus de beau gosse. Plus de belles gosses.
    Merde, c'est les pires en fait.
    Ça m'a fait de la peine pour Sandra, quand même... Je dis pas que je ressentais rien pour elle, quoi. Mais bon, j'ai fait gaffe de pas trop l'amocher : une balle juste au-dessus des seins, fatal mais propre.

    J'ai craché sur Audrey, et je me suis essuyé les lèvres. Elle venait de bousiller mon premier baiser. Horrible. Je me sentais trahi, sale... une victime.
    Je suis retourné au bureau.

    Plus de brutes, plus d'intellos, plus de beaux / belles gosses.
    Dans la classe, on était plus que 18, me comptant. J'ai annoncé :

    « - Enfin ! Nous sommes entre gens normaux. »

    Ils me regardaient tous, un peu ahuris, mais je décelais un je-ne-sais-quoi de complicité dans leurs yeux. Éric s'est mouché, il a eu l'air d'oublier sa pisse, et il m'a souri.
    J'ai souri en retour, puis je lui ai tiré dessus. Deux fois, pour être sûr.
    Plus de faibles. Maintenant, on était entre gens normaux.

    Une fois le flingue posé, j'ai rassemblé tout le monde au centre de la salle. Mathieu a mis de la musique, du Earth, Wind and Fire, je crois. J'ai sorti quelques clopes ; Cassandre a trouvé un paquet de cartes dans les tiroirs du prof. On a poussé un peu les cadavres pour faire de la place, et on a fait des châteaux. Je suis très doué en château de cartes !

    On a organisé un concours ; celui qui irait le plus gagnerait !
    Au bout de dix minutes, le mien surplombait largement tous les autres. Joseph a remarqué que ça puait pas mal dans la pièce, alors je suis allé ouvrir une fenêtre...

    Une bourrasque d'air frais s'engouffra dans la salle.
    Mon château !
    Un cri...
    Un rideau dans le vent...

    Et soudain... il s'écroula.

    FIN.


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  • *Voici la première participation reçue au concours ! Participation de Alex Hole*

    Et soudain, il s’écroula…
    La flèche l’avait atteint en plein milieu du crâne… La hampe ressortait légèrement de l’autre côté et un léger filet de sang dégoulina le long de son visage juste avant sa chute.
    L’archer s’avança. Il avait entre temps bandé de nouveau son arc, prêt à décocher une flèche dans le moindre suspect.
    Il retourna sa victime à l’aide de son pied. Ce n’était pas le premier mort qu’il faisait parmi les armées ennemies et pourtant, il ne ressentait pas la même chose que pour les vagues de meurtres qu’il avait répandu… Cet assassinat était un mélange d'amertume et de tristesse…
    Le combat avait pourtant été beau. Une mélodie de fer qui avait résonnée pendant toute l’après-midi pour ne se finir qu’au coucher du soleil.
    Le chevalier avait perdu son heaume après un choc violent en pleine poitrine.
    L’archer avait profité de ce moment, évitant un coup d’épée, il avait reculé, lâché la sienne pour encocher son arc et donner le coup fatal à son ennemi qui, entre-temps, commençait déjà à s’enfuir.
    Le terrain portait et portera les traces du combat pendant encore une bonne décennie. Le sang avait coulé à flot et des deux parties. Les dalles de la place, autrefois poussiéreuses avaient toutes été nettoyé par le liquide qui s’écoulaient des plaies béantes.

    L’archer s’assit sur un tas de bois qui devait être un étale de fruits et légumes avant le début de la guerre. La guerre qui faisait rage dans les contrées ravageait depuis près de dix ans les cultures, décimaient les populations et rasaient les plus grands empires.
    Les rois et reines s’étaient rassemblés pour former une armée que, normalement, aucun ennemi ne pouvait détruire… seulement, peu après le premier sang versé, elle déclina et se retrouva en position d’infériorité face à la légion du grand maître Noir.
    Aujourd’hui, le seul espoir des derniers habitants se trouvait entre une poignée d’êtres extraordinaires venus de toutes les contrées souvent très lointaines. Des elfes, des sorciers, des mages, des nains… une dizaine d’hommes et de femmes prêts à donner leur vie pour sauver le royaume de la sombre menace.

    L’archer regardait au loin. Le soleil se couchait lentement mais surement derrière les collines qui bordaient le royaume. Il commença à tailler un morceau de bois quand une femme arriva en galopant sur un cheval.
    Elle descendit de sa monture et fit deux pas. Elle retira la capuche de sa cape et découvrit sa longue chevelure turquoise et ses deux oreilles pointues.
    « Bien, tu l’as tué, déduit-elle en jetant un rapide coup d’œil au chevalier mort
    -Oui, répondit l’autre d’un air las
    -Tant mieux, c’était le second du grand maître Noir.
    -Mais c’était aussi mon frère ! »


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