• Adultes

    A partir de quinze/seize ans minimum.

  • William Stanley Milligan, dit Billy, est accusé de trois ou quatre vols et viols de jeunes femmes aux Etats-Unis. La police l'arrête facilement, cependant il nie les viols. Son comportement inquiète ses avocats qui demandent une expertise psychiatrique. Le verdict tombe : Billy est atteint d'un syndrome de personnalité multiple (SPM), c'est-à-dire que des personnalités toutes différentes prennent tour à tour le contrôle de son corps. On rencontre par exemple Ragen, le Yougoslave fort et violent, Arthur, l'Anglais cultivé, ou encore Christine, la petite fille de trois ans.

     

    Daniel Keyes, Les mille et une vies de Billy Millgan

     

    C'est l'histoire de deux clans qui s'opposent autour de Billy. D'un côté, ceux qui croient au SPM et qui veulent soigner Billy comme tel. De l'autre, ceux qui réfutent l'existence même de cette maladie et pour qui Billy est certes malade mentalement mais surtout coupable et dangereux. Au milieu, on trouve Billy. Enfin, pas Billy, mais tous ceux qui le composent. Différentes personnalités avec un prénom, un âge et un caractère propre, qui nous sont plus ou moins sympathiques.

     

    Ce livre est dur et impressionnant. Pas à cause des viols commis par Billy, comme on pourrait le croire, car ils sont finalement très peu abordés en eux-mêmes, mais à cause de tout le reste. Les Mille et Une Vies de Billy Milligan bouleverse, instruit et fascine. Le SPM est réellement méconnu, et ce roman a pour avantage de décrire précisément le cas de Billy, les traitements et ses réactions. Le côté d'abord très judiciaire puis médical peut gêner, je pense, mais ça n'a pas été le cas pour moi. J'ai été tellement prise dans l'histoire que je n'ai pas remarqué de longueur ou de défaut particulier. On a envie de voir "comment ça va se finir", "comment Billy va s'en sortir, s'il s'en sort" car on s'attache aux personnages. Bien sûr, l'auteur prend le parti de Billy mais il nous reste tout de même des questions à nous poser : Billy est-il vraiment coupable des crimes qu'ils a commis, et comment doit-on le traiter ? A nous de nous positionner. (En plus, pour la philo, on est pile dans la notion de conscience et inconscient avec la responsabilité - pour les terminales, c'est un exemple cadeau !)

     

    > En résumé, c'est un livre qui m'a énormément touchée de par sa dureté, désolée mais je ne trouve pas d'autre mot. Je vous le conseille a-bso-lu-ment parce qu'il est vraiment intéressant et agréable à lire, et qu'il change vraiment de tout ce que j'ai pu lire jusqu'à présent. LISEZ-LE ! (A ce stade là, je ne parle même plus de coup de coeur parce que c'est encore trop faible pour vous dire combien j'ai aimé ce livre.)

     

    > Si vous avez lu Des fleurs pour Algernon, du même auteur, vous aimerez sûrement celui-ci et la suite (Les mille et une guerres de Billy Milligan, interdite à la publication aux Etats-Unis mais éditée en France) que j'ai lue et dont je vous parlerai prochainement !

     


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  • Antoine mène une vie tout à fait ordinaire. Il habite à Paris, avec sa femme Lia et sa fille de treize ans, Chan. Comme il le dit, sa vie est "à peu près stable". Jusqu'au jour où il reçoit l'appel de Bao, un jour de décembre 2012. Bao qui veut le revoir, Bao qu'il n'a pas vue depuis qu'elle l'a quitté il y a dix-sept ans, pour la bonne raison qu'on l'a assassinée en 2000. Serait-il fou, à nouveau ?

    Un an après cette rencontre, Antoine raconte cette histoire étrange qu'il a vécue, en se mettant dans la peau des différents personnages qu'il a rencontrés.

     

    Suzanne Lène, L'Immigrée de Shanghai

     

    J'ai bien aimé ce roman, qui nous fait voyager dans différentes villes, Paris, Shanghai, Montréal, Burlington, et alterne différentes époques, à savoir de 1937 à 2013. Mais malgré la multitude de lieux, d'époques et de personnages, on ne se perd pas : à chaque chapitre, tout est indiqué.
    Concernant la mise en page, mon reproche va à l'édition numérique que je me suis procurée, où on alterne plusieurs pages écrites avec plusieurs pages blanches, que le chapitre soit terminé ou non. Mais c'est peut-être un problème lié aux appareils avec lesquels je lisais le livre.

    Cette histoire reste cependant originale et très mystérieuse, notamment le passage où Antoine raconte la folie qui l'a frappé après la "mort" de Bao. Mystère qui est resté trop présent à mon goût, j'aurais bien aimé que ce qu'a vécu Antoine soit un peu plus expliqué...

    Le roman est intéressant, au niveau de la psychologie des personnages, qui est bien travaillée, mais aussi plus simplement parce qu'on découvre par exemple Shanghai dans les années trente.

    Je vous le conseille donc, même s'il paraît un peu compliqué, parce qu'on passe un bon moment, et surtout qu'on voyage !

     

     

    Vous l'avez lu, ou je vous ai donné envie de le lire ? Donnez-moi votre avis...

     


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  • « Il faudra plus qu'un préfet ou un empereur pour menacer notre quartier, madame Rose ! »

    A Paris, sous le Second Empire, les travaux du baron Haussmann pour réaménager la ville effraient. Des milliers de personnes voient leur maison démolie et sont obligés de partir. Puis un jour, c'est le tour de la rue Childebert.
    "Expropriation par décret". La demeure de Rose Bazelet, sur le tracé du futur boulevard Saint-Germain, sera donc détruite. Cette femme doit partir, mais ne peut s'y résoudre. A travers des lettres qu'elle écrit à son mari, décédé depuis une dizaine d'années, elle affirme sa détermination à se battre pour la maison familiale dont les murs gardent tus bien des souvenirs et des secrets.

    Tatiana de Rosnay, RoseTitre original : The House I Loved
    Editions Héloïse d'Ormesson (2011) - Le Livre de Poche (2012)
    Coup de ♥ !

    Liée à la promesse qu'elle a faite à son mari, Rose nous fait voyager dans le Paris du XIXe siècle. Paris tiraillé entre les habitants délogés et les travaux qui font de la ville ce qu'elle est aujourd'hui, Paris bouleversé reprend vie sous nos yeux. Rose nous emmène à la rencontre de personnages différents et pleins de charme, de la fille mal-aimée à la fleuriste en passant par le chiffonnier ou le bibliothécaire.
    J'ai aimé le caractère de Rose, douce mais décidée, et ses lettres merveilleusement bien écrites qui traduisent son amour pour son mari. Elle dépose sur le papier les souvenirs de leur vie commune, et ceux de l'après. Elle y glisse aussi des détails sur le grand changement de Paris, de son point de vue mais aussi de celui des partisans du réaménagement, et c'est très enrichissant.
    Tout au long de la lecture, j'ai senti comme une sourde angoisse, face aux événements que Rose n'avait « pas le courage » d'écrire. Les moments plus douloureux de sa vie sont finalement écrits avec beaucoup de justesse et de délicatesse. On s'attache à elle jusqu'à la fin.

    Un très beau roman, sensible et réaliste. L'histoire d'un combat inégal, celui d'une veuve d'une soixantaine d'années face à un baron tout-puissant. L'histoire d'une femme qui écrit à l'homme qu'elle aime, qui se remémore les moments les plus marquants, qu'ils soient heureux ou traumatisants.

    Rose est un livre dont je suis ressortie en me disant « Wouaw. C'était magique. ». Je serais bien restée avec Rose encore une centaine de pages, et c'est un signe qui ne trompe pas. Lisez-le absolument !

     

     

     

    A partir de 16 ans

     et c'est un conseil.

     

     


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  • David Foenkinos, Charlotte

    "Charlotte a appris à lire son prénom sur une tombe."

    Le ton est donné. Charlotte Salomon naît à Berlin, dans une famille dévastée par le suicide de sa tante du même nom, dans un monde affaibli par la Première Guerre Mondiale. Dès le début, on lui ment, on dissimule cette vérité trop dure à avouer : "C'était un accident". Et ces mensonges se répètent à chaque évènement dans son enfance. Elle grandit dans une ambiance de tristesse et de morosité, entre un père trop ambitieux pour s'occuper suffisamment de sa femme et de sa fille, et une mère détruite et instable. Mais Charlotte y est habituée.
    Elle vit la montée du nazisme, et l'exclusion progressive de la société des juifs comme elle, jusqu'au jour où on lui refuse son prix aux Beaux-Arts. Elle aime, vit autant qu'elle le peut, puis s'exile, dessine, et meurt. Gazée, à Auschwitz.

    Charlotte, c'est l'histoire d'une fille étouffée par le mal-être profond de sa famille, par les dépressions et les suicides, par les non-dits, mais qui tente tant bien que mal de se construire.
    Charlotte, c'est aussi l'histoire d'une femme juive dans la Seconde Guerre Mondiale, d'une artiste allemande qui laisse derrière elle une trace dans l'Histoire, en confiant à un docteur son œuvre Leben ? Oder Theater ? (Vie ? Ou Théâtre ?). "C'est toute ma vie", dit-elle.
    Et puis Charlotte, c'est l'histoire de la quête d'une auteur obsédé par cette femme. Il recherche, visite, découvre cette femme qui la hante. On ressent son obsession et on se demande si ce n'est pas finalement plus pour lui que pour elle qu'il revient à la ligne à chaque phrase. Un moyen de raconter le tragique sans larmoyer. Un moyen de respirer.

    Charlotte Salomon, Leben ? Oder Theater ?Charlotte Salomon, extrait de Leben ? Oder Theater ? - Musée juif d'Amsterdam

    J'ai aimé cette écriture un peu particulière, ces phrases alignées les unes en-dessous des autres. On entre dans l'atmosphère sombre de la vie de Charlotte pour n'en ressortir qu'après avoir fini le livre. On découvre cette artiste dont on n'entend jamais parler et à qui on s'attache même si, on le sent, elle ne survivra pas. David Foenkinos nous offre un portrait de cette jeune femme sobre et rempli de délicatesse. Il fait de Charlotte un beau roman sensible et touchant.

    Ce livre a reçu le prix Renaudot et le Goncourt des lycéens.
    Si vous voulez en savoir plus sur Charlotte et son oeuvre, venez voir ici (en Anglais, désolée, mais les images sont intéressantes.)

    A partir de 15 ans , je pense.


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  • Helen Fielding, Le journal de Bridget Jones

    Bridget Jones est une célibataire de vingt-neuf ans. Dans son journal, elle raconte sa journée, et consigne tout ce qui lui paraît important : poids, alcool et cigarettes consommées, calories ingurgitées. C'est une femme normale, ordinaire, complexée. Son problème, enfin surtout celui de son entourage : elle n'est pas mariée. Il y a bien Daniel, son patron, ou encore ce Mark Darcy qu'elle a rencontré à une soirée chez des amis, oui, mais comment peut-elle s'y prendre ?

    Helen Fielding, Le journal de Bridget Jones

    Je vous ai mis la couverture, pour que vous puissiez voir tous les éloges sur ce livre.

    Mon père me l'a acheté sur une brocante, en me disant "C'est bien, tu verras". Alors je l'ai lu.
    L'écriture est fluide, Le journal de Bridget Jones se lit assez bien et très facilement.
    Mais. Je n'ai pas accroché. Je ne sais pas, peut-être devrais-je attendre encore une quinzaine d'années pour le relire. J'ai trouvé l'histoire banale, trop plate et surtout, trop prévisible. Elle était peut-être originale en 1996, mais depuis je pense qu'elle a vieilli et que la société a un peu évolué. Je n'ai pas "pleuré de rire", ni même trouvé ça très drôle. Bridget a pas mal de complexes, dont son poids qu'elle mesure tous les jours. Le fait d'avoir à chaque jour son poids, l'alcool qu'elle a bu, les cigarettes qu'elle a fumées et les calories qu'elle a mangées, ça devient lourd au bout d'un moment. (Parce que la fille à 58 kilos elle se plaint la plupart du temps..)

    C'est donc un livre à lire sur la plage (ce que j'ai fait), quand on ne veut pas se prendre la tête !


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