• Swirl of words est arrêté; mon nouveau blog est ici (clic).


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  • Berlin - vers East Side Gallery

    Je suis arrivée dix minutes en avance sur le parking dimanche, je n'étais ni la première ni la dernière. Le cœur un peu lourd, j'aurais pu partir à Londres et me voilà en direction de Berlin. C'est pas si mal, nous disent ma mère et les parents de M., si vous voulez, on part à votre place. Concert de roulettes d'une quarantaine de valise à l'aéroport d'Orly, et ma recroquevillitude-mauvaise humeur juste au moment du décollage. La vieille dame qui nous accueille s'appelle Edith, enfin c'est ce que j'ai compris, elle parle lentement pour qu'on comprenne et on balbutie nos souvenirs de cette langue pendant quelques minutes tous les soirs, très peu parce qu'on s'en rend compte, on ne sait pas parler allemand. On marche des heures et des heures dans une ville en reconstruction en chantant des chansons qui restent en tête, on marche tellement qu'on s'habitue et que nos pieds ne sont plus aussi douloureux qu'au début. On s'habitue à beaucoup de chose, à dire ce qu'on veut parce que les gens ne comprennent pas, à dire "sorry" dans le DDR Museum bondé, on a juste un peu de mal avec les sandwiches salami-concombre, alors on fait des cadeaux aux SDF et on goûte la Currywurst et le McDo. On parle guerre mondiale, morts, division de l'Allemagne et blocus de Berlin, chute du Mur et réunification avec des guides plus ou moins à nos goûts. On fait les L et on sort nos livres presque à chaque trajet. Les profs sont plutôt détendus et l'ambiance est bonne, on se sent à notre place parce qu'on est cinq amies et que le nombre compte pour s'imposer. Parfois, c'est presque la bagarre pour s'assurer une place assise dans le RER mais ça se calme vite. Ausstieg, links, crachote-t-il. Les wagons vides du métro nous font sourire, les bus et trams bondés un peu moins. Le soir, on salue Mamie Edith et on s'écroule sur nos lits jusqu'à l'heure du dîner. Dans les premiers jours, à 21h30 on dort déjà.

    Decrescendo


    A partir du deuxième jour, j'ai l'impression de vivre quelque chose dont je me souviendrai pendant longtemps. Mais on est quarante et c'est trop pour moi alors pour le reste de la semaine je m'isole du groupe, je reste au milieu des gens mais dans ma tête je prends de la distance. C'est un moyen de survie, je me dis, en marchant devant mes amies, les cheveux trempés par la pluie froide du matin qui ne veut plus s'arrêter, un moyen de ne pas perdre la raison. Ils parlent tout le temps, ils crient, ils font du bruit. Et moi je ne dis rien. "C'est difficile, les élèves comme toi, tu sais. On ne sais jamais ce que tu penses." me dit mon prof d'histoire, après la soirée à la Porte de Brandebourg. "Je ne t'ai jamais entendue rire comme ça", rajoute-t-il, amusé. Une autre prof, celle qui depuis trois ans me reproche sans cesse mon manque de participation sur mes bulletins, confie qu'elle avait les mêmes appréciations. Ça me fait réfléchir et je trouve ça idiot de reproduire la même chose. Je me motive à parler un peu plus, c'est le dernier trimestre, c'est ma dernière chance.

    Le samedi soir, on reprend l'avion avec l'envie de revenir parce que Berlin a beau être moche pour le moment, il y a un truc, et on n'a pas réussi à le définir, qui nous a fait apprécier cette ville. On reviendra, et on apportera du vrai pain et du vrai fromage à Mamie Edith, parce que ça nous a vraiment manqué, bien plus que nos familles (on grandit?).
    Dans le bus qui nous ramène au parking, la pression du bac se pointe à nouveau, en même temps que la pluie dehors. On a beau avoir beaucoup marché, on nous a offert une vraie semaine de repos, loin des examens, des manifestations, des conflits, de la violence et  des attentats. Le retour est dur, d'ailleurs je n'ai pas rangé ma valise.

    Berliner Dom


    La semaine qui suit est légère, mais l'apocalypse se déclenche vendredi soir à 16h, parce que le coeur de M. se casse en mille morceaux. A deux on l'a calmée, mais à 17h30, en face de celle qu'on appellera désormais son ex, elle me balbutie je fais quoi dis je fais quoi, je fais quoi aide moi je fais quoi. Elle décide et cinq minutes plus tard elle hurle c'est pas juste, c'est pas juste, c'est pas juste. Elle parle comme si elle avait trop bu mais elle est juste ivre de chagrin. Deux de ses amis arrivent et la calment. Elle dit je sers à rien, j'embête tout le monde, je suis bonne à passer sous une voiture ou non tiens j'ai qu'à prendre ma boite entière d'antidépresseurs, non laissez-moi mon père m'attend, j'ai plus rien à vivre de toute façon, et j'écoute les autres la rassurer, la consoler en me disant comme ils parlent bien. Je rentre chez moi et j'explose avant d'être dans ma chambre, j'explose tellement fort que ma grand-mère appelle le lendemain pour savoir si je vais bien. Peur, inquiétude, dégoût de ne pas avoir trouvé les mots, les gestes qu'il fallait. Comme toujours. Les phrases rassurantes de mes parents, puis la solitude, lourde, pesante, écrasante qui me vient à l'esprit. Je suis seule et cette fois c'est trop dur à supporter, je textote mais ça ne marche pas et je me sens encore plus seule. Tant pis, ça passera. Puis je réfléchis et je me dis qu'au fond on est tous un peu cassés, que leurs parents sont séparés, que son père est mort, qu'elle sort d'une longue histoire de harcèlement, qu'il y en a des tonnes comme ça et qu'aller bien dépend seulement de nous. Peut-être faudrait-il que j'arrête de réfléchir autant. La prochaine fois, je vous raconterai comment ça va mieux.

    DecrescendoLe Petit Prince Le repas de rêve ♥

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    P.S.: Je lis To Kill a Mockingbird (Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur) de Harper Lee. Je ne l'ai pas fini mais je vous le conseille quand même, c'est vraiment bien.

     


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  • Les après-midi chez ma grand-mère paternelle avait quelque chose d’une cérémonie royale. Mon petit frère et moi-même attendions la fin de nos journées d’école avec impatience, mais peut-être pour d’autres raisons que les 99% des camarades. Notre grand-mère venait nous attendre devant la grille et nous rentrions à pied tous les jours. Sur le palier de sa grande maison victorienne, c’était à notre tour de patienter le temps qu’elle trouve les clés dans son sac à main. Nous rentrions tous les trois, et je pouvais enfin sentir l’odeur envoûtante qui venait de la cuisine à toute période de la journée, peu importe la saison, sans que personne ne cherchât un jour comment la maison pouvait embaumer comme telle durant toute la journée. Personnellement, si on m’avait demandé j’aurai répondu que les meubles de Mamie en étaient imprégnés.

     

    Nous nous asseyions autour de sa table et elle allait chercher ce pourquoi elle était la meilleure des grands-mères. Selon son humeur, nous avions droit à des clafoutis, des brownies, des tartelettes à la framboise, des Paris-Brest, des cookies à la cannelle, des muffins au chocolat et à la pistache, des croque-monsieur à la pomme, du fromage blanc au caramel au beurre salé, des crêpes. Nous étions pour ainsi dire les rois quand Mamie s’absentait quelques minutes le temps de ramener ces gourmandises. Tous ceux qui y avaient un jour goûté pouvaient témoigner du talent unique de cuisinière de cette femme très appréciée dans son quartier. Autour de ce festin, Mamie nous posait des questions sur notre interminable journée, nous lui répondions la mâchoire et le palais sur le point d’exploser de mille saveurs et de mille sensations de douceur.

     

    • Nous avons appris les couleurs en anglais aujourd’hui, répondis-je une fois au regard curieux de Mamie. Si une chose pouvait qualifier ma grand-mère autrement que « meilleur pâtissière du monde entier », il y avait bien « la plus sujette à la curiosité d’apprendre », car dès qu’elle trouvait une solution à un problème de mathématiques, qu’elle apprenait une formule chimique ou qu’elle lisait un poème que mon petit frère devait apprendre, elle pouvait être prise d’un enthousiasme débordant.

    • C’est important les couleurs, on devrait les apprendre de toutes les langues dès notre plus jeune âge, et ainsi nous pourrions communiquer avec le monde entier rien qu’en parlant d’un arc-en-ciel !

    • Oui, enfin, Mamie, l’anglais c’est assez difficile comme ça…

    • Ma chérie, apprends toujours à compter sur tes doigts avant de compter sur les autres, tu n’en sortiras que plus heureuse plus tard. D’ailleurs, avec cette langue, tu pourras m’emmener sur la côte de l’Angleterre, ça me ferait très plaisir de pouvoir saluer ton grand-père depuis l’autre rive, s’extasia-t-elle innocemment.

     

    La mère de mon père pouvait relever nombre de défis, elle avait battu un cancer même, et avait réussi à garder une maison flambant neuve avec sa seule motivation, mais elle parlait très rarement de son mari, décédé quand son dernier enfant n’avait encore que quatre années en 2023. Papi n’avait connu aucun de ses petits-enfants, mais mon père m’avait déjà confié qu’il en gardait des souvenirs qui lui laissaient penser que ça aurait été son plus grand rêve. J’avais demandé un jour à ma grand-mère comment était-il, à quoi il ressemblait. D’un regard plongé vers un endroit que plus personne ne pouvait atteindre, elle me raconta que Papi fut un homme plein d’espoir et d’amour. Il aimait ses enfants et les protégeaient comme si sa vie ne valait pas le coup si l’un d’entre eux n’était pas heureux.

     

    Il n’était pas très costaud sur les photos de famille de ce passé, mais il paraissait réellement le pilier de la famille. A sa mort, beaucoup avait accompagné la famille dans son deuil, ma grand-mère avait paru inconsolable et quand les médecins lui avaient annoncés la nouvelle catastrophe, elle s’était opposée de toutes ses forces. La cicatrice dans sa nuque qu’elle gardait de cette terrible épreuve était l’ultime faveur que lui avait donnée la vie, la confirmation qu’elle avait relevé la tête.

     

    • Elle n’a rien pu faire pour son mari, mais elle a tué cette saloperie, avais-je entendu ma mère proclamé comme si ça avait été toute la famille qui s’y était mis.

     

    Les années avaient passé, les souvenirs s’étaient réfugiés dans un espace bien connu de ma grand-mère, qu’elle gardait précieusement et qui ne donnait la preuve d’existence seulement à quelques repas de Noël quand la famille était réunie. Cependant, j’avais toujours espéré qu’elle m’en dît plus au cours d’un des magiques goûters. Je ne m’habituerai jamais à l’atmosphère qui régnait dans le salon quand elle nous regardait manger, l’appétit rassasié par ce qu’elle pouvait apprendre de nous, de nos études quotidiennes. Un simple documentaire à la télévision ne lui suffisait pas, il fallait qu’elle demande plus de détails à l’un de nos parents quand ils venaient nous chercher sur le retour de leur travail.

     

    Quand il s’agissait de l’anglais, elle était animée par un regard solennel, un sentiment de solitude passait fugacement sur son visage. C’est ainsi que je lui voyais une grandeur d’âme, son passé la rattrapait toujours, inlassablement. Si ça faisait son bonheur, ça, je ne le savais guère. Mais son expression m‘avait toujours paru comme une prisonnière regrettant sa maison.

     

    • Mamie, pourquoi tu voudrais aller si loin pour faire coucou à Papi alors que tu peux le faire ici, sans partir loin de nous ? demanda mon petit frère soucieux. Tu ne veux plus nous voir ?

    • Bien sûr que non, Gaëtan. Ne dis pas de bêtises, le rassura-t-elle avec son sourire le plus apaisant. Jamais je n’arrêterai de vous cuisiner de bons petits plats ni partirai loin de toi. Je serai toujours là, mais si je me rapprochai de là où ton grand-père a vécu, je serai vraiment contente.

    • Il a vécu sur la côte de l’Angleterre ? m’étonnai-je. Je n’ai jamais entendu maman ou papa dire quoi que ce soit sur cette histoire…

    • Ludivine, ma petite fille, tu serais au courant si ça avait été le cas, gloussa Mamie. Ton grand-père a vécu son enfance en Normandie, et avait l’habitude d’aller pêcher dans la Manche avec son père. Il m’a emmené sur son bateau jusqu’en Angleterre en 2014. Je devais avoir à peine vingt ans à l’époque.

    • Oh ! Tu ne nous l’avais jamais dit. Vous vous êtes rencontrés quand vous étiez très jeune alors ? la questionnai-je alors avec un grand intérêt pour les histoires d’amour.

    • Oui, je n’ai jamais connu que ton grand-père, il a été l’homme de ma vie. Mon premier et dernier amour.

    • Beurk ! C’est pas cool vos histoires de filles, se détourna Gaëtan.

     

    Mon petit frère n’a jamais eu la fibre romantique ni la curiosité de s’approcher des filles pour autre chose que jouer au foot. Tant mieux dans un sens. Il s’orienta vers sa petite voiture volante et continua son cookie aux éclats de noisettes du jour en commandant le jouet et émettant des bruits de moteur.

     

    • Comment vous vous êtes rencontrés avec Papi ?

    • Sa famille était voisine avec celle du mari de ma grande sœur. Après leur mariage, j’ai été invité à passer l’été chez eux. Ma sœur était déjà enceinte de votre grand-oncle Baptiste. Hugues était le cadet de la famille Bastien. Le premier jour où je l’ai rencontré, c’était dans le salon de ma sœur. Un matin je me réveille, j’étais en chemise de nuit, je descendais les marches de l’escalier et j’entendais bien les voix en bas. J’attendais un peu, pour reconnaître qui parlait. C’était une conversation entre mon beau-frère Charles et un homme. J’avais des doutes si je devais descendre les interrompre ou si je devais attendre qu’il parte pour aller prendre mon petit-déjeuner. Ma sœur, la coquine, avait l’air d’avoir prévu son manège, elle me croisa et me tira de suite par la manche pour que je rejoigne le salon. Elle m’a alors présenté à Hugues, et j’ai compris que ce n’était pas la première qu’ils parlaient de moi entre eux. Le jeune homme qui était devant moi avait le visage complètement… ouvert, je ne peux pas dire mieux, ricana-t-elle. Il gardait sa bouche ouverte comme s’il était face à un extra-terrestre.

    • Ou à la plus belle femme qu’il est rencontré… soufflai-je discrètement.

    • Je ne pense pas avoir été une si belle femme que cette démonstration pouvait le faire croire, enfin. J’ai d’ailleurs vite compris que le charme de votre grand-père était dans son humour ! Il essayait toujours de faire rire la galerie, et me soutirer quelques sourires. Oh bien sûr je lui en donnais volontiers, mais j’étais sur mes gardes. J’entendais bien ma sœur et son mari parlait d’union, de temps qui passe, de mariage, d’enfants. Je n’ai jamais eu l’occasion de me divertir à l’époque, toute attelée à la tâche de venir en aide à mes parents. Je travaillais déjà à mes seize ans, je n’ai pas été longtemps à l’école, mais jamais je ne regrettais quand ma mère me remerciait de lui donner mon salaire. La vie n’avait pas gâté notre famille.

    • Mais ta sœur avait un mari, elle ne pouvait pas aider aussi ?

    • Elle le faisait, mais ce n’était pas une excuse pour que je ne donne pas un coup de main aussi. Mon père était au chômage et il n’a jamais eu une bonne relation avec nous. Seule ma mère nous éduquait et je lui devais tout. Hugues le savait, mais il était décidé de me conquérir.

    • Comment votre histoire a marché alors ?

    • Je suis repartie chez moi, chez ma mère en Bourgogne. J’ai appris que durant les derniers mois qui était passés entre l’été et mon retour, Hugues avait versé une certaine somme à ma sœur pour que je ne manque de rien. Il travaillait de côté pour payer ma part, et j’ai pu arrêter le travail au Buffalo Grill.

    • Il a fait ça !?

    • Bien sûr. Je ne l’ai pas appris tout de suite, il avait demandé à ce que ce soit gardé secret, déclara-t-elle. Il avait peur de ma réaction. Je suis retournée chez ma sœur dès que j’ai appris, et quand je l’ai revu, c’était comme si nous nous étions jamais vraiment quitté. Il m’a avoué qu’il avait passé beaucoup trop de temps à penser à moi, sans pouvoir me voir. Je lui ai promis qu’il était toujours dans mes pensées, et il m’a donné mon premier baiser.

    • C’est trop romantique… fondis-je, plongée dans mes rêves, imaginant la scène comme si elle était sous mes yeux.

    • Vroum vrouuum ! répondis mon petit frère.

    • Oui, oui. Vos parents ont aussi une belle histoire, tu n’auras qu’à demander à ta mère de ce qu’il s’est passé en 2039, quand elle et Jeremy étaient à New-York pour l’inauguration de la première moto volante, assura Mamie. D’ailleurs je crois que Margaux est arrivée, j’entends le chien clapper derrière la porte.

     

    Quand elle se leva pour quitter la pièce, je me jetai dans ses bras. Elle n’eut pas peur, elle me serra fort elle aussi.

     

    • Je t’aime fort Mamie, affirmai-je. Je te promets de t’emmener en Angleterre quand je serai plus grande.

    • Oui, ma chérie. On ira tous ensemble. Je t’aime ma belle, tu grandis si vite.

     


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  • Dans les aéroports, quand je passe à la fouille, je m'énerve, comme tout le monde. Il n'est jamais arrivé que je ne déclenche pas le fameux bip. Du coup, j'ai toujours droit au grand jeu, des mains d'hommes me palpent de la tête aux pieds. Un jour, je n'ai pas pu m'empêcher de leur dire: «Vous croyez vraiment que je veux faire exploser l'avion?»

    Mauvaise idée: ils m'ont forcé à me déshabiller. Ces gens n'ont pas d'humour.

    Aujourd'hui, je passe à la fouille et je m'énerve. Je sais que je vais déclencher le fameux bip et que des mains d'hommes vont me palper de la tête aux pieds.

    Or je vais vraiment faire exploser l'avion de 13 h 30.

    Amélie Nothomb, Le Voyage d'Hiver

    Zoïle est tombé éperdument amoureux de la douce Astrolabe, mais la jeune femme consacre tout son temps à Aliénor, une romancière géniale quoique légèrement attardée. Par dépit, il décide de détourner un avion et de l'envoyer percuter la tour Eiffel. À moins que...

    C'est un roman complètement dingue, et j'ai beaucoup aimé. J'ai aimé à cause de l'idée, de la brièveté et de l'originalité de l'histoire : le roman est assez rythmé et je ne me suis pas ennuyée : à partir du moment où deux personnes nommées Zoïle et Astrolabe se rencontrent, croyez-moi, tout peut arriver. Publier un roman ayant un personnage principal qui veut faire exploser un avion, c'est osé mais au final j'ai trouvé ça très amusant. C'est ça, en fait : je me suis amusée lisant les aventures et déconvenues de Zoïle face à une Astrolabe intraitable. On n'est pas face à une romance qui "dégouline", si vous voyez ce que je veux dire, et c'est tant mieux. Un peu de légèreté et beaucoup de folie ne font pas de mal. Certes, cela déconcerte un peu, mais le roman est agréable à lire, et j'ai eu du mal à le lâcher avant de connaître la fin !

    Il s'agit du premier roman d'Amélie Nothomb que je lis, et ce n'est sûrement pas le dernier. Et vous, avez-vous lu ce livre ?

     


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  • Mille excuses, je viens de me rendre compte que je n'avais pas posté toutes les participations au concours (qui a été annulé). Je rattrape mon retard, promis.


     

    - Mamie, raconte-nous une histoire de ta jeunesse ! demandèrent mes petits-enfants d'une voix mielleuse.

    Ils adorent que je leur raconte une histoire de moi, belle et jeune, en 2014.

    - D'accord, si vous êtes bien sages ! répondis-je, le sourire aux lèvres.

     

    - Oui grand-mère ! répondirent-ils en choeur tout en actionnant une musique de leur tablette tactile accrochée au mur.

     

    Je commençais donc mon récit :

    « J'avais 17 ans. Je cherchais un travail pour me faire un peu d'argent. Alors, après avoir donné mon CV aux entreprises les plus proches, on m'avait acceptée dans un restaurant appelé Mcdonalds. Je pense que vous savez ce que c'est, non ? Donc, acceptée dans ce restaurant rapide, une jeune dame d'à peu près 20 ans est venue me voir pour m'expliquer. Elle m'amena alors derrière le comptoir, là où on commandait, et m'expliqua tout assez rapidement. Elle sentait mauvais la friture, avait des cernes sous ses yeux et semblait déprimée. Sa voix était ferme et blasée. Elle me disait plusieurs choses, tout en désignant les endroits :

    - Bon, alors ici on chauffe les frites. Là y'a les menus Happy Meals pour gamins. T'ouvres la boîte en carton, tu mets les trucs dedans et hop tu fermes en repliant. Facile. Ici y'a les boissons, et les gobelets. Ensuite là bas on a les commandes par drive, mais vu que t'es nouvelle tu vas pas les faire.
    Je hochetais la tête mais je ne comprenais pas tout ce qu'elle disait. Elle parlait d'une rapidité, et quelques clients criaient :
    - Et mon McChicken ?!

    Elle les ignorait royalement. Elle disait que tant que ce n'était pas la commande qu'elle devait faire, elle ne répondait pas aux clients insatisfaits, mais que moi, je devais leur répondre puisque j'étais nouvelle. Pas très logique. Elle m'attribua un rôle aux bornes, c'est à dire, les gens qui ont commandé par cet espèce d'ordinateur venaient ici pour prendre ce qu'ils avaient demandés en quelques clics. C'est à ce moment que j'ai fait complètement n'importe quoi. J'ai soufflé un bon coup et je suis allée aux retraits des commandes. Il était treize heures pile, l'heure où les gens arrivent en masse. Mon écran tactile reçut une commande, la commande CB 49. J'ai mis tout ce qu'il fallait dedans, tranquillement. Quelques clients arrivaient devant moi avec leur ticket. Mais mon écran reçut une autre commande, la CB 51, et ça m'a complètement mélangée. Comme il fallait une boisson dans la CB 51, je suis allée en chercher. Mais j'ai confondu les deux plateaux et mis la boisson sur le plateau de la CB 49. C'est alors qu'un autre employé vint me voir, et me dit :

    - Mais putain, tu t'es trompée ! La CB 51 c'est à emporter, tu devais pas le mettre sur un plateau !
    Il partit à ses mots sans m'aider, et je mis tout dans un paquet à emporter. Sauf qu'en remettant tout, j'ai mélangé la CB 49 et CB 51. Je vis que cet employé revint avec un paquet à emporter et tout ce que la CB 51 devait avoir. Il avait en fait fait la commande de la CB 51 sans me prévenir.
    - Sérieux, je t'avais dit que je faisais la CB 51, qu'est ce que tu fous ?

    En même temps, une autre jeune employée m'interpela :

    - Eh la nouvelle, fais moi un ptit Ice Tea pour la commande de mademoiselle, steuplait ! Je chauffe les frites !

    Je partis donc faire son petit Ice Tea, laissant l'employé énervant en plan. Lorsque je suis revenue, l'employé énervant n'était pas là, et plusieurs clients faisaient la file devant, l'air mécontent.
    Je posais le petit Ice Tea que j'avais dans la main sur un plateau, sans faire exprès. Un jus d'orange était juste à côté de ma main. La jeune employée me reposa la question :

    - Alors, l'Ice Tea ?

    Sans faire attention à ce que j'avais sous la main, je lui donnais le verre de jus d'orange. Elle le prit et le donna à la demoiselle devant elle.

    Les clients devant moi commencèrent à s'impatienter et ils nous criaient dessus, impatients. Toute rouge, stressée, je ne réfléchis pas à mon acte et dis :

    - La commande CB 49, s'il vous plaît !

    Les gens qui avaient cette commande arrivèrent et me prirent le plateau des mains.

    Quelques secondes après, ils revenèrent, plus rouges qu'avant. Alors, d'autres employés vinrent et essayèrent de calmer la situation, mais ils commencèrent à se disputèrent entre eux. Je courus dans les espaces réservés aux personnels, me rhabilla et rentra chez moi. Qu'est-ce que j'avais eu honte ! L'employé énervant raconta tout au patron, et le surlendemain, je reçus une lettre de licensiement. »

     

    Mes petits-enfants avaient bien rigolés, mais en même temps ils ne comprenaient pas vraiment pourquoi c'était aussi difficile à cette époque. C'est sûr que maintenant, il y a eu beaucoup de progrès technique.

    - J'ai tellement eu honte et j'ai tellement regretté… Mais maintenant ça me fait bien rire. Alors retenez bien qu'il faut réfléchir avant d'agir ! Conclus-je, rigolant gaiement.


     

    Qu'en pensez-vous ?

     


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